La perspective d'une normalisation prochaine de la politique monétaire américaine a été renforcée mercredi par une audition au Congrès de la présidente de la Fed Janet Yellen.

En cas d'amélioration continue de la conjoncture aux Etats-Unis, l'institution envisagera sérieusement de commencer à retirer avant la fin de l'année l'important soutien à l'économie que constitue le niveau presque nul de ses taux d'intérêt, maintenus à ce niveau depuis 2008, a-t-elle indiqué.

Mais "ce relèvement des taux de la Fed pourra provoquer une nouvelle série de secousses sur les marchés financiers et marchés de matières premières dans le monde", estime un rapport trimestriel du ministère chinois du Commerce mis en ligne jeudi.

Cela "pourrait pousser le dollar à s'apprécier sur une longue période, encourager les flux de capitaux à revenir vers les Etats-Unis, et provoquer des ajustements profonds des marchés", a-t-il argumenté.

Selon ce rapport, "les pays émergents seront les premiers à subir le choc", pâtissant des fuites de capitaux ainsi que, pour certains, de la baisse des cours des matières premières --alimentée par le renforcement du billet vert et susceptible d'entamer leurs revenus.

Or "actuellement, nombre de pays émergents sont dans une passe difficile (...) avec une dynamique de croissance qui fait défaut et une situation financière fragile: sous le choc d'un relèvement des taux américains, la possibilité d'une crise régionale dans certains pays et régions n'est pas à exclure", insiste le ministère.

De son côté, le vice-ministre chinois des Finances Zhu Guangyao s'était dit mercredi inquiet de voir la Fed abaisser ses taux tandis que la Banque centrale européenne (BCE) maintiendrait sa politique accommodante.

"Cette divergence des politiques monétaires européenne et américaine pourrait se creuser et compliquer encore davantage la situation économique mondiale", a-t-il averti, selon des propos rapportés par la presse.

La Chine est déjà confrontée à un phénomène grandissant de fuite de capitaux hors du pays, en dépit des restrictions qu'elle impose, et qui s'est accéléré après la forte dévaluation du yuan face au dollar cet été.

Cette décision avait été largement perçue comme un coup de pouce de Pékin à ses exportateurs, alors que son commerce extérieur recule nettement, sous l'effet d'une demande terne et d'une perte de compétitivité du pays.

Soucieuse d'enrayer le vif ralentissement de la deuxième économie mondiale, la banque centrale chinoise (PBOC) a quant à elle multiplié les assouplissements monétaires, abaissant par six fois ses taux directeurs en l'espace d'un an.