"Les anticipations d'inflation se sont dégradées" et les pressions des salariés pour augmenter leurs rémunérations "tardent" à se refléter dans la hausse des prix, a souligné face à la presse le président de l'institution, Mario Draghi.

L'inflation se traînait d'ailleurs à 1,3% en juin en zone euro, loin du niveau légèrement inférieur à 2% visé par la BCE sur le moyen terme, et devrait reculer dans les prochains mois en raison de la baisse des prix du pétrole.

Par ailleurs, a insisté M. Draghi, "les perspectives sont de pire en pire dans le secteur manufacturier, et c'est de pire en pire pour les pays où l'industrie est très importante", entraînant une contagion à "l'ensemble de la zone euro".

Ce secteur clé, en particulier en Allemagne, souffre à la fois du ralentissement mondial et de la moindre demande chinoise, des tensions commerciales persistantes et "maintenant du risque d'un Brexit sans accord", a énuméré le banquier italien.

Il a néanmoins réaffirmé qu'il jugeait "assez faible" le risque d'une récession en zone euro, et que le marché du travail montrait toujours "des signes de résistance".

La BCE avait pris les observateurs par surprise dans son traditionnel communiqué de politique monétaire, à 11H45 GMT: non seulement elle a préparé les esprits à une baisse de taux, comme attendu, mais elle a aussi évoqué une panoplie de mesures supplémentaires intégrant de nouveaux rachats d'obligations.

Mario Draghi, qui s'apprête à passer la main fin octobre à la Française Christine Lagarde, a cependant mis une nouvelle fois la pression sur les Etats-membres pour qu'ils coordonnent leurs politiques de relance économique.

"La politique monétaire a fait beaucoup, et continue à le faire, pour soutenir la zone euro. Mais si les perspectives continuent à se dégrader, les politiques budgétaires vont devenir essentielles", a-t-il martelé.