A défaut de changement de cap immédiat, les marchés ont hâte de connaître les intentions de l'institution de Francfort alors que la Banque centrale américaine (Fed) envisage de commencer à réduire d'ici la fin de l'année ses achats d'actif. Le Conseil des gouverneurs de la BCE tient sa deuxième réunion de politique monétaire depuis qu'il a, début juillet, dévoilé sa nouvelle cible d'inflation à 2%, un objectif à moyen terme pouvant tolérer des déviations temporaires.

Or l'inflation en zone euro a été propulsée à 3% en août, signe du rebond de la consommation après le ralentissement lié à la pandémie mais aussi de pénuries de composants industriels créant des goulots d'étranglement. La croissance a atteint 2,2% en rythme annuel au deuxième trimestre et devrait avoir gagné en dynamique cet été.

Soucieuse de ne pas refroidir la conjoncture, la BCE devrait reconduire la potion anti-crise faite de taux d'intérêt historiquement bas et d'achats massifs de dettes, estiment les observateurs. "La BCE ne voudra pas s'engager" à resserrer sa politique maintenant, car "l'incertitude est encore grande quant à l'évolution de la pandémie et aux interruptions des chaînes d'approvisionnement", déclare à l'AFP Marcel Fratzscher, président de l'institut berlinois DIW.

- Changement de rythme -

La conférence de presse de la présidente Christine Lagarde, à partir de 12H30 GMT, sera l'occasion d'un exercice de communication délicat sur l'avenir de la politique monétaire, la moindre anticipation pouvant créer des remous sur les marchés.

Cela concerne en premier lieu les perspectives de rachats massifs de dette en zone euro.

Comme son homologue outre-Atlantique, l'institution de Francfort abreuve les économies européennes de liquidités pour soutenir l'activité face aux effets de la crise sanitaire. Les dépenses au titre du plan d'urgence pandémie (Pandemic Emergency Purchase Programme, PEPP), censé durer jusqu'à mars 2022 au moins, devraient ralentir, mais sans que cela soit présenté comme la première étape d'un retrait du programme.

D'environ 80 milliards d'euros, le rythme des rachats serait ramené entre 60 et 70 milliards, avec la possibilité de remettre la vapeur si les conditions de marché l'exigent, selon les observateurs. La BCE devrait par ailleurs continuer d'acheter 20 milliards d'euros par mois de dette dans le cadre du fameux "QE", l'assouplissement quantitatif datant de 2015, qui avait marqué le début des mesures exceptionnelles de soutien, en complément de taux ultra bas.

- Prévisions d'inflation -

Ces menus aménagements donneraient quelques gages aux banquiers centraux de la zone euro les plus hostiles à une politique monétaire accommodante et qui ont donné de la voix ces derniers jours: la poussée d'inflation devrait conduire à débattre dès maintenant de la réduction du stimulus monétaire, a plaidé Robert Holzmann, gouverneur de la Banque d'Autriche. Même discours du côté d'un autre partisan de l'orthodoxie, Jens Weidmann, président de la Banque fédérale d'Allemagne.

L'autre interrogation porte sur la correction que la BCE devrait apporter jeudi à ses prévisions d'inflation, l'étalon sur lequel elle base sa politique. La majorité des gouverneurs des Banques centrales voient encore dans l'actuelle poussée des prix un phénomène temporaire lié aux tarifs dans l'énergie ou aux pénuries. Les dernières prévisions de juin tablaient sur 1,9% d'inflation en 2021, puis 1,5% en 2022 et 1,4% en 2023.

Toute révision "au-delà de 1,5% en 2023" sera interprété comme le signe d'un regain durable d'inflation et donc d'une "politique monétaire plus ferme" dans les mois à venir, selon Holger Schmieding, économiste chez Berenberg. Mais le Conseil n'est pas "mûr pour décider la fin progressive des rachats de dettes au titre du PEPP", explique Gilles Moec, économiste chez Axa.

Des discussions potentiellement houleuses devront d'abord régler "les questions politiquement sensibles autour du degré de flexibilité dont disposerait le QE", ajoute-t-il. C'est pourquoi les décisions concrètes sur la future structure des rachats de titres "ne sont pas à attendre avant décembre", conclut Fritzi Köhler-Geib, cheffe économiste de la banque publique allemande KfW.

A défaut de changement de cap immédiat, les marchés ont hâte de connaître les intentions de l'institution de Francfort alors que la Banque centrale américaine (Fed) envisage de commencer à réduire d'ici la fin de l'année ses achats d'actif. Le Conseil des gouverneurs de la BCE tient sa deuxième réunion de politique monétaire depuis qu'il a, début juillet, dévoilé sa nouvelle cible d'inflation à 2%, un objectif à moyen terme pouvant tolérer des déviations temporaires.Or l'inflation en zone euro a été propulsée à 3% en août, signe du rebond de la consommation après le ralentissement lié à la pandémie mais aussi de pénuries de composants industriels créant des goulots d'étranglement. La croissance a atteint 2,2% en rythme annuel au deuxième trimestre et devrait avoir gagné en dynamique cet été.Soucieuse de ne pas refroidir la conjoncture, la BCE devrait reconduire la potion anti-crise faite de taux d'intérêt historiquement bas et d'achats massifs de dettes, estiment les observateurs. "La BCE ne voudra pas s'engager" à resserrer sa politique maintenant, car "l'incertitude est encore grande quant à l'évolution de la pandémie et aux interruptions des chaînes d'approvisionnement", déclare à l'AFP Marcel Fratzscher, président de l'institut berlinois DIW.- Changement de rythme -La conférence de presse de la présidente Christine Lagarde, à partir de 12H30 GMT, sera l'occasion d'un exercice de communication délicat sur l'avenir de la politique monétaire, la moindre anticipation pouvant créer des remous sur les marchés.Cela concerne en premier lieu les perspectives de rachats massifs de dette en zone euro.Comme son homologue outre-Atlantique, l'institution de Francfort abreuve les économies européennes de liquidités pour soutenir l'activité face aux effets de la crise sanitaire. Les dépenses au titre du plan d'urgence pandémie (Pandemic Emergency Purchase Programme, PEPP), censé durer jusqu'à mars 2022 au moins, devraient ralentir, mais sans que cela soit présenté comme la première étape d'un retrait du programme.D'environ 80 milliards d'euros, le rythme des rachats serait ramené entre 60 et 70 milliards, avec la possibilité de remettre la vapeur si les conditions de marché l'exigent, selon les observateurs. La BCE devrait par ailleurs continuer d'acheter 20 milliards d'euros par mois de dette dans le cadre du fameux "QE", l'assouplissement quantitatif datant de 2015, qui avait marqué le début des mesures exceptionnelles de soutien, en complément de taux ultra bas.- Prévisions d'inflation -Ces menus aménagements donneraient quelques gages aux banquiers centraux de la zone euro les plus hostiles à une politique monétaire accommodante et qui ont donné de la voix ces derniers jours: la poussée d'inflation devrait conduire à débattre dès maintenant de la réduction du stimulus monétaire, a plaidé Robert Holzmann, gouverneur de la Banque d'Autriche. Même discours du côté d'un autre partisan de l'orthodoxie, Jens Weidmann, président de la Banque fédérale d'Allemagne.L'autre interrogation porte sur la correction que la BCE devrait apporter jeudi à ses prévisions d'inflation, l'étalon sur lequel elle base sa politique. La majorité des gouverneurs des Banques centrales voient encore dans l'actuelle poussée des prix un phénomène temporaire lié aux tarifs dans l'énergie ou aux pénuries. Les dernières prévisions de juin tablaient sur 1,9% d'inflation en 2021, puis 1,5% en 2022 et 1,4% en 2023.Toute révision "au-delà de 1,5% en 2023" sera interprété comme le signe d'un regain durable d'inflation et donc d'une "politique monétaire plus ferme" dans les mois à venir, selon Holger Schmieding, économiste chez Berenberg. Mais le Conseil n'est pas "mûr pour décider la fin progressive des rachats de dettes au titre du PEPP", explique Gilles Moec, économiste chez Axa.Des discussions potentiellement houleuses devront d'abord régler "les questions politiquement sensibles autour du degré de flexibilité dont disposerait le QE", ajoute-t-il. C'est pourquoi les décisions concrètes sur la future structure des rachats de titres "ne sont pas à attendre avant décembre", conclut Fritzi Köhler-Geib, cheffe économiste de la banque publique allemande KfW.