"De nouvelles réductions des taux directeurs et des mesures d'atténuation visant à en limiter les effets secondaires font toujours partie de nos outils", a relevé le banquier italien en ouverture du séminaire annuel de la BCE se tenant à Sintra, au Portugal.

Début juin déjà, lors de sa traditionnelle réunion de politique monétaire, l'institut de Francfort avait discuté d'une baisse des taux, maintenus à leur plancher historique depuis mars 2016. Mais cette éventualité a beau être déjà connue, elle a entraîné une forte réaction sur les places boursières, ramenant dans le vert le Dax, qui évoluait en baisse avant le discours de M. Draghi et gagnait 0,90% vers 9H45 GMT. L'euro perdait de son côté 0,30% face au billet vert, à 1,12 dollar.

A quelques mois de passer la main fin octobre, Mario Draghi a évoqué plus généralement les "mesures de relance supplémentaires" qui "seront nécessaires", si l'inflation continue à s'éloigner du niveau légèrement inférieur à 2% visé par l'institut.

Parmi ces outils figurent les rachats nets d'actifs, menés pour 2.600 milliards d'euros entre 2015 et fin 2018 et qui pourraient reprendre, la BCE disposant "encore d'une marge importante" pour agir, a estimé M. Draghi.

Le président de la BCE a par ailleurs appelé l'Union européenne à accélérer la transition vers un budget commun, qui permettrait à la politique monétaire d'atteindre ses objectifs "plus rapidement et avec moins d'effets secondaires".

Lors de la dernière réunion de l'Eurogroupe vendredi dernier, à laquelle M. Draghi participait, les ministres européens des Finances se sont entendus sur les grandes lignes d'un budget de la zone euro, un projet phare du président français Emmanuel Macron, mais ont remis à plus tard la question plus épineuse de son financement.

Un "avantage injuste" à l'UE

Le président américain Donald Trump a estimé mardi qu'une nouvelle baisse des taux d'intérêt de la Banque centrale européenne, évoquée par son président Mario Draghi, donnerait un "avantage injuste" à l'Union européenne face aux Etats-Unis.

"Mario Draghi vient d'annoncer que de nouvelles mesures pourraient venir stimuler l'économie (européenne), ce qui a immédiatement fait chuter l'euro par rapport au dollar, leur donnant un avantage injuste pour concurrencer les Etats-Unis", a dénoncé M. Trump sur Twitter.

Les Européens "le font impunément depuis des années, avec la Chine et d'autres", a-t-il ajouté. "Les marchés européens ont grimpé après les commentaires (injustes pour les Etats-Unis) faits aujourd'hui par Mario D!"