Dans un communiqué bien plus volontariste qu'attendu, la BCE promet que ses taux demeureront inchangés "ou plus bas", une formule codée annonçant un abaissement du coût du crédit.

Elle estime par ailleurs qu'un "haut degré" de soutien à l'économie restera requis "pendant longtemps", intégrant une possible reprise du programme de rachat d'obligations arrêté fin 2018.

En juin, déjà, l'institut s'était montré déterminé à redoubler d'efforts pour stimuler l'inflation et la conjoncture: la BCE avait repoussé à la mi-2020 l'horizon d'une possible hausse de taux mais avait aussi engagé la discussion sur une possible baisse, semant le trouble parmi les observateurs, au moment où son homologue américaine engageait le même retournement de politique.

Après leur réunion de jeudi, les gardiens de l'euro sont sortis de l'ambiguïté: pour la première fois depuis juin 2017, ils mentionnent explicitement un allègement du coût du crédit, alors que leurs trois taux directeurs -le taux de refinancement, le taux de dépôt et le taux de prêt marginal- sont à leur plancher historique depuis mars 2016 (0, %, -0,40% et 0,25%).

L'institut monétaire va charger ses équipes de préparer une panoplie d'options comprenant un système de "paliers" pour atténuer les effets des taux négatifs ainsi que de nouveaux rachats nets d'actifs, mis en sommeil depuis décembre 2018.

Les spécialistes pensent que la BCE commencera par abaisser dès septembre le taux "de dépôt", déjà négatif de 0,40%, et qui revient à taxer les banques pour les liquidités qu'elles choisissent de confier à la banque centrale plutôt que de les prêter aux entreprises et aux ménages.

En un ou deux mouvements à l'automne, ce taux devenu la référence du marché pourrait descendre de 20 points de base pour être porté à -0,60% d'ici la fin de l'année.

Si la BCE a déjà puisé dans son arsenal depuis 2014, en descendant le coût du crédit tout en rachetant massivement de la dette privée et publique, elle devait encore composer cette année avec une croissance molle et une hausse des prix ralentie dans la zone euro, l'obligeant à redoubler d'imagination pour gagner son pari sur l'inflation perdu depuis plus de six ans.