Lors d'un débat entre les candidats conservateurs au remplacement de Theresa May organisé plus tôt cette semaine sur la BBC, Boris Johnson a assuré qu'un départ de l'UE le 31 octobre, même sans accord, n'entraînerait pas de nouveaux droits de douane dans l'immédiat.

"Il n'y aura pas de droits de douane ; il n'y aura pas de quotas parce que ce que nous voulons c'est obtenir un gel des arrangements actuels sous le système GATT 24 (...) jusqu'à ce que nous ayons négocié un accord de libre-échange", a expliqué M. Johnson.

Le GATT 24 est un article du GATT (Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce), l'ancêtre de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Des partisans d'un départ britannique de l'UE sans accord assurent que cet article permettrait au Royaume-Uni de conserver les conditions actuelles du commerce sans entrave avec le continent pendant dix ans, le temps que les deux parties s'entendent sur un accord commercial.

Mais le banquier central Mark Carney s'est vigoureusement opposé à ces dires lors d'une interview diffusée vendredi par la BBC.

"Les règles du GATT sont claires, le ministre au Commerce international Liam Fox a témoigné sur le sujet au Parlement et j'en ai moi-même parlé au directeur général de l'OMC. GATT 24 s'applique si vous avez un accord, pas si vous décidez de ne pas avoir d'accord ou si vous ne parvenez pas à conclure un accord", a souligné M. Carney.

"On doit être clair sur le fait que ne pas avoir d'accord avec l'Union européenne entraînerait des droits de douane, automatiquement, parce que les Européens seraient obligés de nous appliquer les règles qu'ils appliquent à tous les autres", a ajouté le gouverneur de la Banque d'Angleterre.

Ancien ministre des Affaires étrangères de la Première ministre Theresa May qui va prochainement quitter son poste, Boris Johnson va affronter l'actuel chef de la diplomatie britannique, Jeremy Hunt, en finale d'une compétition interne au parti conservateur pour désigner le prochain chef du gouvernement.

Grand favori pour entrer au 10, Downing Street, M. Johnson veut que le Royaume-Uni quitte l'UE le 31 octobre, que les deux parties soient parvenues ou non à un accord sur les conditions du divorce.