Le secteur financier peut jouer un rôle clé dans les efforts que l'Europe doit consentir en termes de climat et de développement durable. Environ 180 milliards d'investissements supplémentaires par an seront nécessaires pour tenir les promesses faites dans l'Accord de Paris sur le climat. C'est pourquoi la Commission souhaite pousser le secteur financier dans la bonne direction et lance à cet effet une série de propositions ambitieuses.
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Le secteur financier peut jouer un rôle clé dans les efforts que l'Europe doit consentir en termes de climat et de développement durable. Environ 180 milliards d'investissements supplémentaires par an seront nécessaires pour tenir les promesses faites dans l'Accord de Paris sur le climat. C'est pourquoi la Commission souhaite pousser le secteur financier dans la bonne direction et lance à cet effet une série de propositions ambitieuses.L'Europe entend notamment imposer au secteur de communiquer sur l'impact climatique des fonds et indicateurs, et envisage de créer des labels pour les produits financiers verts sur la base d'un système de classification unifié. Les gestionnaires d'actifs et les investisseurs institutionnels auront également l'obligation de tenir compte de l'aspect de la durabilité. De même, les compagnies d'assurances et d'investissements seront tenues de conseiller leurs clients sur la base de leurs préférences en matière de développement durable."Le passage à une économie plus verte et plus durable est bénéfique pour la création d'emplois, pour les citoyens et pour la planète", explique Frans Timmermans, vice-président de la Commission. "Nous agissons aujourd'hui pour que le système financier contribue à la réalisation de cet objectif. Nos propositions permettront tant aux investisseurs qu'aux particuliers de faire des choix positifs, afin que leur argent soit utilisé de manière plus responsable et soutienne un développement durable."Miguel Arias Cañete, commissaire européen chargé de l'action pour le climat et de l'énergie, se déclare satisfait de ce plan. "Les investissements mondiaux sont essentiels pour lutter contre le changement climatique et l'accord de Paris ouvre d'énormes possibilités de financement. Comment pouvons-nous faire en sorte qu'elles se concrétisent ? Le nouveau plan d'action contribuera à renforcer la position du secteur financier européen pour les investissements dans les technologies vertes."Une stratégie insuffisanteLes organisations environnementales et climatiques parlent d'une stratégie "courageuse et ambitieuse", mais redoutent dans le même temps qu'elle se révèle insuffisante pour atteindre les objectifs fixés à Paris. "Si ces propositions sont traduites en législations, l'UE fera figure de pionnière dans le domaine de la finance durable", déclare Sébastien Godinot, économiste au sein du Bureau de la politique européenne du WWF. "Mais elles n'en demeurent pas moins insuffisantes pour honorer les engagements pris à Paris afin de limiter le réchauffement climatique en dessous de 2 degrés Celsius. La Commission devrait aller plus loin pour assurer que les entreprises composant les gros indices boursiers comme le FTSE 100 rendent des comptes sur leur impact climatique. Nous avons besoin d'une plus grande transparence sur l'affectation des flux financiers afin d'en faire profiter davantage les citoyens et la planète."De plus, la mise en oeuvre de ce plan d'action sur le terrain représente un travail de longue haleine. "Il appartient maintenant aux États membres de soutenir ces propositions relativement ambitieuses de la Commission et d'accélérer leur implémentation", conclut Pascal Canfin, qui a représenté le WWF au sein du Groupe d'experts de haut niveau sur la finance durable (High Level Expert Group ou HLGE) de l'UE.Traduction : virginie·dupont·sprl