Belfius est la banque "caissière" des Régions wallonne et bruxelloise et de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Selon une indiscrétion parue dans L'Echo, la banque, qui vient de renégocier son contrat avec Bruxelles ce mois-ci et qui est en train de renégocier celui avec la Wallonie, voudrait réduire un peu son exposition wallonne, car Belfius finance aussi un maximum de communes et d'hôpitaux du sud du pays. La banque voudrait donc réduire la durée ou le montant de son nouveau contrat de caissier débutant l'an prochain. D'autant plus qu'elle s'inquiéterait, dit-on, de la hauteur de l'endettement wallon ainsi que, ajoutent certains, de la montée en puissance du PTB.
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Belfius est la banque "caissière" des Régions wallonne et bruxelloise et de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Selon une indiscrétion parue dans L'Echo, la banque, qui vient de renégocier son contrat avec Bruxelles ce mois-ci et qui est en train de renégocier celui avec la Wallonie, voudrait réduire un peu son exposition wallonne, car Belfius finance aussi un maximum de communes et d'hôpitaux du sud du pays. La banque voudrait donc réduire la durée ou le montant de son nouveau contrat de caissier débutant l'an prochain. D'autant plus qu'elle s'inquiéterait, dit-on, de la hauteur de l'endettement wallon ainsi que, ajoutent certains, de la montée en puissance du PTB. On pourrait s'arrêter là. Que Belfius passe ses risques en revue, ce n'est rien d'autre que de la bonne gestion. Après tout, une banque a pour fonction première d'évaluer le risque crédit qu'elle prend afin de protéger l'argent de ses déposants. On tombe donc de sa chaise lorsque l'on entend le ministre-président wallon Elio Di Rupo dire qu' "il n'appartient pas aux banques de porter un jugement sur quel parti politique que ce soit" et que "la Wallonie respecte sa trajectoire de réduction des déficits, à savoir 150 millions d'économies dans les dépenses courantes". Que l'on sache, une banque est de gré ou de force prise dans les jeux politiques lorsque ce jeu détermine la capacité de rembourser de ses clients. Si un parti veut abandonner l'économie de marché, une banque se doit d'en tenir compte. Quant à dire que la Wallonie respecte sa trajectoire, en passant au bleu ses dépenses exceptionnelles pour les inondations, le covid et maintenant la crise énergétique, c'est quand même cacher grossièrement la poussière sous le tapis. Faut-il rappeler que la dette wallonne devrait passer de 30 milliards en 2021 à 50 milliards en 2030? On est à peine rassis que l'on retombe de sa chaise en écoutant Jean-Claude Marcourt. "Je suis choqué, dit-il, de voir une banque donner des leçons, elle qui n'existe que par le sacrifice des Belges qui y ont perdu leurs économies, qui, par l'incurie de ses dirigeants, a conduit la Wallonie à perdre des centaines de millions d'euros et qui a été sauvée par de l'argent public". Faut-il rappeler à l'ancien ministre wallon de l'Economie que c'est justement parce que la maison mère de Belfius avait fermé les yeux sur sa politique de risque que les ennuis sont arrivés? Faut-il rappeler que la Région wallonne n'a pas brillé non plus par ses compétences de gestion lorsqu'elle a créé la Caisse d'investissement de Wallonie, une institution alimentée par l'épargne des Wallons qui devait financer l'économie durable et s'est retrouvée avec un portefeuille d'obligations grecques? Faut-il rappeler, enfin, à celui qui préside le bureau du Parlement wallon que la gouvernance régionale, déjà clouée maintes fois au pilori, ne semble pas s'améliorer. Quoi, construire un tunnel de 3 millions pour permettre aux parlementaires d'échapper à la vue des électeurs? Quoi, ne pas regarder les dépenses d'un greffier qui rentre une note de GSM de 24.000 euros au retour de ses vacances? C'est sans doute anecdotique au niveau des montants. Mais c'est terriblement révélateur d'un état d'esprit. Alors oui, on comprend ces sorties. On comprend que certains politiques, surtout à gauche, soient inquiets de la montée du PTB qui joue très bien sur la peur de la population. On comprend qu'il est facile de crier "haro sur les banquiers", une engeance que peu d'électeurs portent dans leur coeur. Mais répondre à la démagogie par de la démagogie au carré n'a jamais été d'un grand secours. Ni pour aider une Région, que l'on voudrait heureuse et prospère, à se tirer des difficultés. Ni même, on veut le croire, pour gagner les élections.