Depuis plusieurs semaines, des rumeurs font état d'un intérêt appuyé de Belfius pour le rachat de Degroof Petercam. Des rumeurs récemment confirmées par De Standaard. Certains actionnaires, dont le holding Cobepa et les familles fondatrices, chercheraient à céder leurs participations dans la banque dont la rentabilité baisse depuis plusieurs années. Et alors que les noms de plusieurs repreneurs potentiels sont cités (ABN Amro, Pictet), il nous revient également que Belfius aurait fait plusieurs propositions de prix.
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Depuis plusieurs semaines, des rumeurs font état d'un intérêt appuyé de Belfius pour le rachat de Degroof Petercam. Des rumeurs récemment confirmées par De Standaard. Certains actionnaires, dont le holding Cobepa et les familles fondatrices, chercheraient à céder leurs participations dans la banque dont la rentabilité baisse depuis plusieurs années. Et alors que les noms de plusieurs repreneurs potentiels sont cités (ABN Amro, Pictet), il nous revient également que Belfius aurait fait plusieurs propositions de prix. Alors, info ou intox ? La maison de la rue de l'Industrie est-elle vraiment à vendre ? Si, du côté des directions de Degroof Petercam et de Belfius, on ne souhaite pas faire de commentaire quant à cette éventualité, une série d'éléments laissent pourtant à penser qu'un tel rachat est loin d'être totalement impossible. Aux dires de ceux qui connaissent bien la maison, la fusion entre Degroof et Petercam ne serait en effet pas aussi aboutie qu'espérée. Outre des frais de personnel qui restent élevés, son outil informatique serait devenu vieillot. D'importants investissements seraient nécessaires pour le remettre à niveau et prendre le train du digital. Quant aux commissions de gestion, Degroof n'échappe pas à la tendance générale du secteur qui les voit diminuer en raison de la persistance des taux bas, des frais réglementaires sans cesse croissants et des taxes de plus en plus lourdes. De son côté, Belfius, qui a lancé une marque wealth management l'an dernier, n'a jamais fait mystère de ses ambitions de croissance dans le métier de la banque privée. La belle clientèle de Belges fortunés et la cinquantaine de milliards d'euros de fonds sous gestion affichés par Degroof Petercam, première banque privée indépendante du pays, seraient donc les bienvenus. Certains font également remarquer qu'un éventuel rachat de Degroof Petercam par Belfius offrirait aussi l'occasion au groupe dirigé par Marc Raisière de sensiblement renforcer son pôle de gestion d'actifs (Belfius Investment Partners). Quant aux synergies entre les deux établissements, elles seraient évidentes, disent les spécialistes. Et cela, tant sur le plan opérationnel que commercial. Si, sur papier, l'opération a donc du sens, elle pourrait toutefois être rendue plus compliquée en raison d'une enquête pour blanchiment d'argent menée par la Banque nationale (BNB), avance encore De Standaard. Des accusations que réfute toutefois formellement Degroof Petercam, précisant qu'il ne s'agit pas d'une enquête mais d'" un contrôle classique sur les procédures internes relatives à la législation anti-blanchiment, comme le fait régulièrement la BNB pour les institutions bancaires sous sa supervision ". Ce qui, nous dit-on, aurait débouché sur des recommandations à mettre en oeuvre au sein de la banque. Bref, l'avenir dira si Degroof Petercam changera de mains ou pas, et surtout à quel prix.