De nombreux efforts ont pourtant été faits ces dernières années pour réduire les risques et commencer les manoeuvres de nettoyage. D'après la Banque nationale (BNB) et le FMI, il apparaît que les acteurs belges ont plus rapidement corrigé leurs points faibles mis au jour durant la crise que la plupart de leurs vis-à-vis européens. Et qu'ils ont constitué suffisamment de réserves pour encaisser les risques à venir.

Ainsi, depuis la chute de Lehman Brothers, les grandes banques belges se sont plus concentrées sur le marché local et ont réduit leur exposition à l'étranger. Le bilan du secteur s'est écroulé, passant de 1.700 milliards en 2008 à 993 milliards d'euros l'an dernier, a calculé la Febelfin. Dans le même temps, les capitaux propres ont augmenté de plus de 50%, à 75 milliards. Le contrôle des banques a aussi été fortement resserré ces dernières années. Si une banque traverse encore des difficultés, des règles sont prévues afin de ne pas laisser le contribuable seul face aux pertes.

Les épargnants sont protégés jusqu'à 100.000 euros par le fonds de garantie des dépôts. Et les limites des bonus annuels sont deux fois plus strictes en Belgique que ce qui est prévu dans le cadre européen. La fédération souligne également que malgré la crise, les banques belges continuent à octroyer des crédits. "Des entreprises qui veulent investir ou des gens qui veulent acheter une maison peuvent toujours bénéficier de conditions très favorables." Si les clients sont soumis à plus de questions et qu'ils doivent remplir plus de formalités, c'est précisément lié au contrôle accru et à la législation renforcée.

"L'objectif est surtout de permettre au consommateur d'acheter le bon produit aux bonnes conditions. De nombreux produits complexes ne sont tout simplement plus vendus", remarque la Febelfin. La numérisation se poursuit, car le client attend maintenant des services bancaires accessibles 24h/24.

Réseau d'agences

"Mais les banques belges continuent à investir dans leur réseau d'agences. Avec plus de 6.000 agences, notre pays connaît l'un des réseaux les plus denses du Vieux Continent. Ces agences bancaires évoluent un peu plus vers des bureaux de conseil où le client peut venir s'adresser pour toute étape importante de sa vie." Mais tous ces efforts ne suffisent pas à améliorer l'image du secteur financier, déplore la fédération. Elle reconnaît qu'il faudra du temps avant de regagner la confiance.

"Nous ne parvenons pas suffisamment à démontrer notre plus-value pour la société. Nous devons faire des efforts sur ce point", reconnaît-elle. Cela peut se faire, selon elle, en soutenant des projets sportifs ou culturels et en investissant dans la formation en finance des jeunes ou des aînés.