Petite cartographie de cette crise inédite et de ses principales zones de tension, à commencer par la dette des entreprises.

Des dizaines de milliers de milliards envolés

"Aucun krach ne ressemble jamais aux précédents mais cette crise n'en est pas moins inédite car il s'agit vraiment d'un choc externe aux marchés", résume Didier Saint-Georges, membre du comité d'investissement chez Carmignac.

En moyenne, les actions mondiales ont perdu quelque 30% de leur valeur, soit "environ 27.600 milliards de dollars au plus bas, mais elles ont regagné environ 4.000 milliards de dollars depuis mardi", estime Daniel Morris, stratégiste senior chez BNP Paribas Asset Management.

Banques centrales au front

A crise hors norme, réponse hors norme.

Les banques centrales ont non seulement mis des sommes vertigineuses sur la table, mais ont également fait sauter tout ce qui pouvait les empêcher d'agir sur tous les fronts.

Quand la Fed s'affranchit de l'interdiction d'acheter de la dette d'entreprise, la BCE se donne la possibilité d'acquérir une énorme partie de la dette italienne.

"C'est no-limit. La Fed peut même, via des mécanismes financiers, racheter indirectement des prêts étudiants", souligne Eric Vanraes, gérant obligataire de la banque suisse Eric Sturdza.

Cela a d'ailleurs permis de ramener un peu de calme sur le marché de la dette des États.

Les gouvernements ne sont pas en reste, chaque pays lançant des plans de grande ampleur pour tenter de faire face.

Feu rouge clignotant pour la dette d'entreprise

De l'avis général, le point le plus critique se situe au niveau de l'endettement des entreprises.

La baisse des coûts des emprunts ces dernières années a conduit les entreprises à emprunter à tour de bras. Or l'arrêt brutal de l'activité met en péril de nombreuses structures et fait remonter en flèche les taux d'intérêt.

Les banques centrales surveillent de très près la situation, mais tout le monde redoute une vague de dégradation par les agences de notation.

Si certains veulent croire que ces dernières "ne joueront pas les pyromanes", d'autres pensent qu'après avoir été accusées de n'avoir rien vu venir pendant la crise de 2008, "elles vont redoubler de zèle".

De fait, Standard and Poor's ou Moody's ont commencé à dégrader notes et perspectives à tours de bras, en particulier dans les secteurs automobile et aérien.

"Anges déchus"

La question clé est de savoir combien de groupes basculeront dans les catégories spéculatives pour devenir ce que le marché appelle des "anges déchus", ce qui conduira nombre d'investisseurs à leur tourner le dos par crainte d'une faillite, mais pas seulement.

Certains d'entre eux ne peuvent en effet pas détenir ces titres, soit pour des raisons réglementaires, soit parce que leur politique d'investissement ne le permet pas, ce qui peut donc conduire à des mouvements de vente massifs.

Or sur la dernière marche avant de devenir des "fallen angels", les groupes notés "BBB" sont nombreux, comme par exemple Pernod Ricard, Enel, Orange, Deutsche Telekom, Danone, Astra Zeneca, British Telecom.

Le pétrole dans les abysses

Le marché du pétrole a également beaucoup souffert de cette crise qui entame la demande de façon spectaculaire, à commencer par le kérosène quand des dizaines de milliers d'avions sont cloués au sol, entraînant par le fond les cours du brut.

Tandis que du côté de l'offre, l'Arabie Saoudite a lancé une guerre des prix féroce et pompe à grande vitesse pour inonder le marché de son pétrole.

Recherche dollar désespérément

La panacée ultime actuellement, c'est le dollar. Et la Fed travaille activement pour abreuver la planète en billets verts.

Si au pic de la panique mi-mars, même l'or a connu de petites faiblesses, il s'est repris depuis et reste très recherché, tout comme le franc suisse et le yen.

L'heure tourne

"La question du temps est majeure", rappelle M. Saint Georges. "L'enjeu pour les gouvernements qui ont fait le choix du confinement est qu'une récession de deux mois ne se transforme pas, par le biais des faillites, en récession de deux ans".

"Le PIB des États-Unis est d'environ 22.000 milliards de dollars, soit 1.800 milliards de dollars par mois. Si l'activité économique baisse de 25%, cela représente environ 500 milliards de dollars par mois", analyse M. Morris, de quoi tenir quatre mois donc avec le plan de soutien américain prévu.

Petite cartographie de cette crise inédite et de ses principales zones de tension, à commencer par la dette des entreprises.Des dizaines de milliers de milliards envolés"Aucun krach ne ressemble jamais aux précédents mais cette crise n'en est pas moins inédite car il s'agit vraiment d'un choc externe aux marchés", résume Didier Saint-Georges, membre du comité d'investissement chez Carmignac.En moyenne, les actions mondiales ont perdu quelque 30% de leur valeur, soit "environ 27.600 milliards de dollars au plus bas, mais elles ont regagné environ 4.000 milliards de dollars depuis mardi", estime Daniel Morris, stratégiste senior chez BNP Paribas Asset Management.Banques centrales au frontA crise hors norme, réponse hors norme.Les banques centrales ont non seulement mis des sommes vertigineuses sur la table, mais ont également fait sauter tout ce qui pouvait les empêcher d'agir sur tous les fronts.Quand la Fed s'affranchit de l'interdiction d'acheter de la dette d'entreprise, la BCE se donne la possibilité d'acquérir une énorme partie de la dette italienne. "C'est no-limit. La Fed peut même, via des mécanismes financiers, racheter indirectement des prêts étudiants", souligne Eric Vanraes, gérant obligataire de la banque suisse Eric Sturdza.Cela a d'ailleurs permis de ramener un peu de calme sur le marché de la dette des États.Les gouvernements ne sont pas en reste, chaque pays lançant des plans de grande ampleur pour tenter de faire face. Feu rouge clignotant pour la dette d'entrepriseDe l'avis général, le point le plus critique se situe au niveau de l'endettement des entreprises.La baisse des coûts des emprunts ces dernières années a conduit les entreprises à emprunter à tour de bras. Or l'arrêt brutal de l'activité met en péril de nombreuses structures et fait remonter en flèche les taux d'intérêt.Les banques centrales surveillent de très près la situation, mais tout le monde redoute une vague de dégradation par les agences de notation.Si certains veulent croire que ces dernières "ne joueront pas les pyromanes", d'autres pensent qu'après avoir été accusées de n'avoir rien vu venir pendant la crise de 2008, "elles vont redoubler de zèle".De fait, Standard and Poor's ou Moody's ont commencé à dégrader notes et perspectives à tours de bras, en particulier dans les secteurs automobile et aérien. "Anges déchus"La question clé est de savoir combien de groupes basculeront dans les catégories spéculatives pour devenir ce que le marché appelle des "anges déchus", ce qui conduira nombre d'investisseurs à leur tourner le dos par crainte d'une faillite, mais pas seulement.Certains d'entre eux ne peuvent en effet pas détenir ces titres, soit pour des raisons réglementaires, soit parce que leur politique d'investissement ne le permet pas, ce qui peut donc conduire à des mouvements de vente massifs.Or sur la dernière marche avant de devenir des "fallen angels", les groupes notés "BBB" sont nombreux, comme par exemple Pernod Ricard, Enel, Orange, Deutsche Telekom, Danone, Astra Zeneca, British Telecom.Le pétrole dans les abyssesLe marché du pétrole a également beaucoup souffert de cette crise qui entame la demande de façon spectaculaire, à commencer par le kérosène quand des dizaines de milliers d'avions sont cloués au sol, entraînant par le fond les cours du brut. Tandis que du côté de l'offre, l'Arabie Saoudite a lancé une guerre des prix féroce et pompe à grande vitesse pour inonder le marché de son pétrole.Recherche dollar désespérémentLa panacée ultime actuellement, c'est le dollar. Et la Fed travaille activement pour abreuver la planète en billets verts.Si au pic de la panique mi-mars, même l'or a connu de petites faiblesses, il s'est repris depuis et reste très recherché, tout comme le franc suisse et le yen.L'heure tourne"La question du temps est majeure", rappelle M. Saint Georges. "L'enjeu pour les gouvernements qui ont fait le choix du confinement est qu'une récession de deux mois ne se transforme pas, par le biais des faillites, en récession de deux ans"."Le PIB des États-Unis est d'environ 22.000 milliards de dollars, soit 1.800 milliards de dollars par mois. Si l'activité économique baisse de 25%, cela représente environ 500 milliards de dollars par mois", analyse M. Morris, de quoi tenir quatre mois donc avec le plan de soutien américain prévu.