Pourquoi la Banque centrale européenne (BCE) envisage-t-elle de nouvelles mesures?
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Pourquoi la Banque centrale européenne (BCE) envisage-t-elle de nouvelles mesures?Plusieurs raisons expliquent le virage opéré par la BCE au cours de l'été, alors que tout le monde s'attendait à une normalisation de sa politique monétaire. La première raison, c'est que l'on reste loin de l'objectif d'inflation poursuivi par la BCE, objectif qui se situe pour mémoire aux alentours de 2 %. La deuxième raison, c'est le ralentissement de l'économie mondiale, qui touche en particulier la zone euro, avec notamment l'Allemagne qui entre en récession. Troisième et dernière raison enfin, c'est la confiance des ménages et des entreprises qui n'est toujours pas de retour en Europe. Bref, la BCE et son président Mario Draghi sont au pied du mur. Quelles possibilités s'offrent à Mario Draghi pour remédier à ce triple problème? La première possibilité, c'est d'encore abaisser le taux de la facilité de dépôt qui est aujourd'hui à - 0,40 %. La deuxième cartouche qu'il peut tirer, c'est relancer le programme de prêts aux banques sur des longues durées et à des conditions qui restent favorables ( TLTRO, Ndlr). Il peut enfin aussi relancer le programme de rachats d'actifs ( quantitative easing, assouplissement quantitatif) qui est arrêté depuis le début de l'année. Des pistes un peu plus innovatrices pourraient être une adaptation du taux de la facilité de dépôt pour les banques, à l'image de ce que fait la BNS (la banque centrale de Suisse) qui a un taux négatif de - 0,75 % mais exonère l'encours des réserves obligatoires afin d'amortir l'impact du taux négatif sur les marges des banques. Et on a aussi évoqué sur le modèle de la BOJ (la banque centrale du Japon), la possibilité dans le cadre du programme de rachat d'actifs, d'acheter des actions ou d'autres actifs financiers. Quelles sont, selon vous, la ou les pistes les plus probables? C'est clairement une baisse, en septembre, de 0,10 % du taux de la facilité de dépôt de - 0,40 % à - 0,50 % et la mise en place d'un nouveau programme de TLTRO sur une durée de deux ans plus courte, donc, que les précédents programmes. En effet, il faut tenir compte du fait que Mario Draghi termine son mandat en octobre et qu'il ne peut pas prendre trop de mesures qui engageraient la BCE sur du long terme.