La campagne de souscription devait se terminer ce mercredi, mais vous avez décidé de la prolonger d'une semaine, jusqu'au mercredi 4 décembre. Pourquoi ?

Nous avons prolongé l'offre pour deux raisons. La première, c'est que nous ne voulions courir aucun risque. Notre prospectus assure une garantie de remboursement si 36 heures après la clôture il n'y a pas 30 million sur les comptes séquestres, et cela même s'il ne manque que 100 euros. Or ce vendredi est le Black Friday, et BNP Paribas avait suspendu son service informatique ce mercredi soir. Nous ne voulions pas qu'un incident vienne perturber la levée de fond. Et le deuxième élément est qu'il y a clairement une demande très forte, qui ne se tarit pas. Nous voulions donc laisser la possibilité à ceux qui le désirent de nous rejoindre. Un chiffre : depuis l'annonce hier que nous avons franchi la barre des 30 million d'euros nous avons encore enregistré pour 900.000 euros de souscription. Mais en tout état de cause nous ne dépasserons pas les 35 million d'euros. Si nous les atteignons avant l'échéance de mercredi soir prochain, nous arrêterons anticipativement les souscriptions. Et nous y sommes presque. Nous devrions dès lors avoir entre 60 et 70.000 nouveaux souscripteur.

Des souscripteurs plutôt jeunes et plutôt francophones...

Je ne dispose pas de statistiques sur le rôle linguistique des souscripteurs, mais oui, on peut constater que ce sont les Régions wallonne et bruxelloise qui ont pris une participation et qu'à ce stade, il n'y a pas encore de participation de la Région flamande ou de l'État fédéral. De la même manière en ce qui concerne les universités, il y en a deux qui ont décidé de participer au capital et ce sont deux universités francophones (l'ULB et l'UCL, NDLR). Mais ce n'est pas peut-être pas le dernier mot.

Quant à l'âge des souscripteurs, déjà dans les premiers coopérateurs, la moitié avait moins de 35 ans. Et cela se confirme, car dans les nouveaux souscripteurs c'est la tranche des 29-35 ans qui est la plus représentée. Cela constitue pour nous un motif de satisfaction. Nous avons dit que nous serons la "banque de demain", à la fois parce que nous voulons financer la transition environnementale et aussi en terme de clientèle puisque la nouvelle génération semble être attirée par notre modèle.

Maintenant, le dossier doit encore être accepté par la BCE.

La Banque nationale instruit le dossier depuis neuf mois et rendra un avis avant Noël à la Banque centrale européenne. L'instruction de la Banque nationale touche en effet à sa fin. Tous les aspects du dossier ont été examinés : l'aspect "fit and proper" des administrateurs, le business plan, la politique de crédit, la plateforme informatique... Si cet avis est négatif, le dossier est clos. S'il est positif, la BCE devra décider avant le 24 février de nous octroyer ou non une licence bancaire.

Si cette licence est accordée, que proposera NewB comme produits ?

Les clients pourront utiliser NewB pour tous les services bancaires de base. La bonne nouvelle est que, puisque nous sommes les nouveaux arrivés sur le marché, nous aurons pendant quelques temps les solutions informatiques et les application mobiles les plus à la pointe.

En termes tarifaires, nous serons dans la moyenne du marché. Notre ambition est de faire la différence face à nos concurrents sur de nombreux aspects, mais pas sur l'aspect tarifaire.

... et il n'y aura pas de crédit hypothécaire ?

Dans un premier temps. Lorsque l'on entame une activité bancaire, il serait insensé de faire directement des crédits long terme. C'est la raison pour laquelle nous ne verrons pas au démarrage des crédits hypothécaires. Au départ, nous offrirons aux particuliers et aux entreprises trois types de crédits court terme : un, pour la mobilité, des crédits (pour financer par exemple l'acquisition d'un vélo électrique) ; deux pour financer l'efficacité énergétique des bâtiments et trois pour financer la production d'énergie renouvelable : panneaux photovoltaïques, éoliennes, ...

Nous offrirons aux clients, particuliers ou entreprises, un compte courant, un compte épargne, et des moyens de paiement comme des cartes de type Bancontact et des cartes de type Visa ou Mastercard. Et nous avons décidé que chaque client devait être coopérateur (moyennant une part de 20 euro), parce que c"'est notre modèle d'économie participative ; le client doit avoir le contrôle de sa banque et pouvoir participer aux assemblée générale.

NewB emploiera combien de personnes ?

En phase de démarrage, nous prévoyons 35 à 38 emplois.