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Les responsables de Belfius voient toutefois des avantages clairs à une "privatisation partielle dans les deux années à venir" mais à condition que soit maintenu un ancrage local, par l'intermédiaire des agences "dont le rôle reste pour nous crucial". Une entrée en Bourse constitue logiquement la prochaine étape.

"En 2011, notre actionnaire - l'Etat belge, NDLR- nous a demandé d'améliorer la position de Belfius de manière à avoir le libre choix entre différents plans d'avenir. Grâce au trajet parcouru ces cinq dernières années, nous avons rempli cette promesse. Nous émettons aujourd'hui le souhait de ne pas être vendu à un repreneur étranger, ce qui détruirait l'âme du groupe, et de garder notre ancrage local", a précisé Jos Clijsters, le président du conseil d'administration.

"Il est important que l'on mette toutes les cartes sur la table afin que le gouvernement puisse choisir le meilleur scénario", a-t-il ajouté.

Un dividende de 215 millions d'euros pour l'État

Belfius a en effet bouclé son exercice 2016 sur un bénéfice net de 535 millions d'euros, en hausse de 6% en glissement annuel. Le bancassureur octroiera à l'Etat belge, son actionnaire, un dividende total de 215 millions d'euros, dont 75 millions ont déjà été versés en septembre 2016 au titre de dividende intérimaire.

"Dans les circonstances actuelles, nos résultats sont tout simplement excellents", a commenté Marc Raisière, en conférence de presse.

Le résultat net avant impôts a ainsi progressé de 14% à 780 millions d'euros, le résultat net des activités commerciales augmentant de 9% pour s'établir à 666 millions d'euros "grâce à une augmentation durable des revenus - +2% à 2,377 milliards d'euros en 2016 - et à une baisse ininterrompue des coûts, de -2,1% à 1,355 milliard d'euros", ont souligné les responsables de Belfius. Quant au ratio cost-income des activités commerciales, il s'est établi à 56%, en amélioration de 3% par rapport à l'année précédente tandis que le ratio de solvabilité Bâle III a progressé à 16,6% et "répond largement aux nouvelles normes édictées".

Parallèlement, le nombre de nouveaux clients actifs a bondi de 250.000 unités (+17%) et leur satisfaction, avec un score de 95,25% de clients satisfaits, "dépasse nos attentes", a poursuivi Marc Raisière.

Ce dernier s'est également félicité des 14,9 milliards de financement à long terme injectés dans l'économie belge, un montant en hausse de 11% par rapport à 2015. Depuis 2012, Belfius a accordé des financements à long terme pour un montant total de 61 milliards d'euros.

"Notre position de bancassureur s'est également consolidée", a encore indiqué l'administrateur délégué du groupe. Dans le détail, le montant des primes encaissées en non-vie via l'ensemble des canaux a augmenté de 6% pour atteindre 637 millions d'euros, l'encaissement des primes par le canal bancaire ayant progressé de 10% à 168 millions d'euros. Quant aux réserves de la branche 23, elles ont elles aussi augmenté de 10%, à 2,2 milliards d'euros; le total des réserves en assurance vie diminue toutefois "légèrement", à 15,8 milliards d'euros.

Enfin, conformément à ce qui avait été prévu, la réduction active du risque "legacy" - lié à l'héritage Dexia - a été clôturée avec succès. En 2016, ces activités ont eu un impact négatif de 131 millions d'euros sur le résultat net. Depuis 2011, les risques de cet héritage ont été réduits de près de 20 milliards d'euros.

Un dividende de 215 millions a bien sûr de quoi réjouir le ministre des Finances, Johan Van Overtveldt. Ce dernier n'a d'ailleurs pas manqué de saluer les bonnes performances du groupe qui "offrent de belles perspectives à cet acteur central de l'économie belge".

"J'encourage le management et les collaborateurs de Belfius à poursuivre le développement des fondements du groupe, un acteur important du paysage bancaire belge au service de l'économie belge", a notamment déclaré le ministre, cité dans un communiqué.