Rien que sur la journée de lundi, Barclays a perdu 17 % de sa valeur. Côté français, la Société Générale a, elle, vu partir en fumée plus de 8 % de sa valeur en Bourse. Chez nous, le titre KBC a reculé de plus de 16 % en une semaine. Au total, depuis le début de l'année, la chute pour l'ensemble du secteur bancaire européen se monte même à... 30 % !
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Rien que sur la journée de lundi, Barclays a perdu 17 % de sa valeur. Côté français, la Société Générale a, elle, vu partir en fumée plus de 8 % de sa valeur en Bourse. Chez nous, le titre KBC a reculé de plus de 16 % en une semaine. Au total, depuis le début de l'année, la chute pour l'ensemble du secteur bancaire européen se monte même à... 30 % !Pourquoi cette dégringolade ? Économiste en chef chez Degroof Petercam, Bruno Colmant voit deux explications: "La première, ce sont les craintes sur le secteur bancaire italien. Sous pression depuis quelques semaines, certains supputent qu'il n'est pas en bonne santé. D'autres économistes américains craignent même pour sa pérennité. Diverses rumeurs font état de plusieurs centaines de milliards de crédits non performants que les banques italiennes n'auraient pas provisionnés. Cela pèse clairement sur les marchés. A cela s'ajoute le cas de Deutsche Bank dont la valeur s'est effondrée en Bourse. KBC vaut autant aujourd'hui que tout le groupe Deutsche Bank, première banque allemande. C'est le signe que certaines banques étrangères sont encore très fragiles.Par contre, les banques belges sont en excellent état et fortement capitalisées, tout en étant très liquides grâce à l'importance de l'épargne domestique qui leur est confiée."L'autre élément, estime Bruno Colmant, ce sont bien sûr les conséquences directes du Brexit. "Les Européens montrent une nouvelle fois leur incapacité à s'entendre. La perspective d'aboutir un jour à une union fiscale et monétaire reste évasive. Ce n'est pas un bon message. Cela a clairement aussi un impact négatif."Conséquence de ce qui précède, certains évoquent une crise bancaire équivalente à celle qui a suivi la faillite de Lehman à l'automne 2008. Mais pour Bruno Colmant la situation est totalement différente : "La situation est différente parce que les banques sont contrôlées de manière plus stricte et que les liquidités sont abondantes. De ce point de vue, on pourrait même dire que la situation est plus favorable qu'en 2008. Le revers de la médaille, c'est que les banques européennes de détail sont de facto proches de l'étatisation. Du côté de l'actif de leur bilan, car elles doivent financer les États, et du côté du passif, car elles dépendent des lignes de liquidités de la banque centrale européenne. Et entre l'actif et le passif se trouve le capital propre, c'est-à-dire celui des actionnaires, qui est lui aussi de facto nationalisé", indique l'économiste en chef de Degroof Petercam.Reste que si la liquidité n'est pas un problème, la capacité à dégager des revenus commence à devenir tout doucement problématique. Entre les taux négatifs et la diminution drastique de leurs activités de trading, les banques n'ont plus vraiment de business model.