Arco, Holding communal. Les deux anciens grands actionnaires de Dexia, qui ont sombré avec le groupe bancaire franco-belge, reviennent dans l'actualité, à un moment - et ce n'est sans doute pas un hasard - où le gouvernement essaie de trouver enfin une solution au problème de la coopérative Arco. Il s'agit d'indemniser environ 800.000 coopérateurs, dont la moitié environ sont des clients actifs de la banque d'Etat Belfius (auparavant Dexia Banque Belgique) qui détiendraient ...

Arco, Holding communal. Les deux anciens grands actionnaires de Dexia, qui ont sombré avec le groupe bancaire franco-belge, reviennent dans l'actualité, à un moment - et ce n'est sans doute pas un hasard - où le gouvernement essaie de trouver enfin une solution au problème de la coopérative Arco. Il s'agit d'indemniser environ 800.000 coopérateurs, dont la moitié environ sont des clients actifs de la banque d'Etat Belfius (auparavant Dexia Banque Belgique) qui détiendraient une vingtaine de milliards d'euros de produits financiers divers. Chacun - Belfius pour des raisons financières et le CD&V pour des raisons politiques - a donc intérêt à ne pas trop mécontenter ses anciens coopérateurs. L'idée est de leur offrir une indemnisation à hauteur de 40 % de leur mise, ce qui signifie une facture de 600 millions d'euros. Or, si la liquidation d'Arco a été intelligemment menée (les liquidateurs ont réussi à dégager environ 230 millions d'euros de plus-values par rapport à l'estimation de la valeur des actifs qui avait été réalisée en 2011), le groupe n'a toutefois pas de quoi donner beaucoup aux coopérateurs. Il resterait une petite centaine de millions d'euros et cela, dans le cas où Arco ne devrait pas payer à l'Etat les 150 millions d'euros d'amende que l'Europe lui a infligée pour avoir bénéficié d'une aide illégale. Si cette amende devait être réglée, il n'y aurait plus rien en caisse pour les coopérateurs. Quoi qu'il en soit, c'est donc à l'Etat, à Beweging.net (le nouveau nom du syndicat chrétien) et à Belfius de trouver 600 millions. Or, une autre liquidation arrive à son terme, celle du Holding communal. Celle-là est plus douloureuse que celle d'Arco car le holding était très endetté. Même après avoir vendu pour environ 600 millions d'euros d'actifs, il reste encore un trou d'un petit milliard d'euros. Une dette dont une grande partie est logée chez Belfius. Heureusement pour la banque d'Etat, environ 600 millions d'euros sont garantis... par l'Etat. Dans le scénario établi en 2011, il a en effet été acté que les Régions garantissaient la dette du holding à hauteur de 450 millions d'euros, et le fédéral à hauteur d'un peu plus de 132 millions. Le temps de la facture, là aussi, approche. Et même si la garantie d'Etat servira en grande partie à rembourser une banque d'Etat, la facture cumulée d'Arco et du Holding communal risque donc d'avoisiner le milliard d'euros pour les pouvoirs publics.