Old Broad Street, numéro 5, à Londres. C'est ici, au sixième étage d'un immeuble situé en plein coeur de la City, que se niche le quartier général d'Architas, filiale du groupe Axa spécialisée dans la gestion de fonds.
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Old Broad Street, numéro 5, à Londres. C'est ici, au sixième étage d'un immeuble situé en plein coeur de la City, que se niche le quartier général d'Architas, filiale du groupe Axa spécialisée dans la gestion de fonds. Peu connue du grand public, l'enseigne a vu le jour dans la capitale britannique en 2008, sous l'impulsion du géant français de l'assurance qui souhaitait disposer d'une société spécialisée dans la sélection et la gestion de fonds. Après plusieurs années de collaboration avec Axa Private Management en France et Axa Private Management en Belgique, Architas et ses deux cousines ont finalement décidé en 2016 d'unir leurs forces sous une seule et unique marque : Architas. Aujourd'hui, trois ans après ce rapprochement, Architas totalise une quarantaine de milliards d'euros d'avoirs sous gestion et compte quelque 250 personnes basées à Londres, Paris et Bruxelles. Installée sur le boulevard du Souverain, à Bruxelles, Architas occupe chez nous une trentaine de collaborateurs et propose un service de gestion de portefeuille discrétionnaire. Ses clients sont des particuliers fortunés prêts à lui confier 150.000 euros minimum. Leur profil ? " Il est le même que celui du client type en banque privée, si ce n'est que nous avons un seuil d'accès qui est moindre ", nous confie Philippe Mahy, account manager pour la région Liège-Namur-Luxembourg, accompagné pour l'occasion d'une poignée de courtiers en assurance venus écouter à Londres les experts d'Architas. Passer par des courtiers pour séduire les clients, c'est en effet la grande particularité de l'approche commerciale développée chez nous par Architas. C'est via eux, et non via le réseau des agences bancaires du groupe Axa, que l'entité entre en contact avec ses riches clients. " Les courtiers avec qui nous travaillons sont en fait des apporteurs d'affaires, explique Philippe Mahy. Pour le reste, nous nous occupons de tout : contrôle de l'origine des fonds, analyse des besoins, profil MiFID, ouverture des comptes, reporting, suivi de la relation, etc. S'il le faut, nous pouvons aussi mettre les clients en contact avec divers spécialistes tels que des avocats fiscalistes. Mais une fois le client débarqué chez nous, toute la responsabilité se trouve chez Architas. Le courtier ne doit rien faire, si ce n'est éventuellement assister aux entrevues avec le client. " Et percevoir en retour une commission d'apport de 0,4 % par an sur les avoirs confiés en gestion à Architas. Côté portefeuille justement, on l'a dit, Architas propose une gestion discrétionnaire - sans titres individuels, donc - basée sur le principe de ce que les spécialistes appellent l'architecture ouverte, d'où le nom d'Architas. En clair, cela signifie que son offre n'est pas basée uniquement sur des fonds Axa mais présente aussi à la clientèle un vaste éventail de fonds et de trackers (fonds indiciels cotés en Bourse) émanant de diverses institutions financières : AllianceBernstein, BlackRock, iShares, JP Morgan, Robeco, etc. En fait, " tous les fonds qui peuvent exister dans le monde sont screenés par nos équipes à Londres, explique Philippe Mahy. Après un premier tri quantitatif, nous procédons à une analyse quantitative. Au total, pas moins de 1.200 visites sont organisées par nos analystes pour rencontrer les gestionnaires de ces fonds externes. C'est le gros travail et la valeur ajoutée de nos équipes de Londres. A Bruxelles, nous nous occupons surtout de la composition des portefeuilles des clients belges. " Plus concrètement, les fonds retenus par les équipes basées à Londres sont regroupés en cinq blocs : deux sont constitués de fonds d'actions (Equity Core, Equity Satellite), deux le sont de fonds d'obligations (Bonds Core et Bonds Satellite) et un de fonds alternatifs (Alternative Defensive). Au total, Architas propose ainsi cinq fonds de fonds comportant chacun une quinzaine de fonds sous-jacents. A cet éventail de produits, viennent ensuite se greffer six stratégies d'investissement différentes (conservatrice, défensive, neutre, dynamique, agressive et flexible allocation), et cela en fonction de l'horizon de placement du client et du niveau de risque qu'il est prêt à accepter. " Le tout sans frais d'entrée, de sortie, de transaction ou de frais de garde ", précise Philippe Mahy. Quant à la commission de gestion, elle s'élève à 1,25 % dans les fonds obligataires et à 1,75 % dans les fonds actions (inclus dans la valorisation du portefeuille). Unique en son genre, le modèle développé par Architas est-il pour autant payant ? Apparemment, oui. Sur un marché belge de la gestion de fortune aujourd'hui compliqué et hautement concurrentiel, la société affiche un bon milliard et demi d'avoirs sous gestion. De quoi porter le portefeuille de ses 4.400 clients à plus ou moins 400.000 euros en moyenne. " Le modèle est transparent, il fonctionne bien, assure Philippe Mahy. La meilleure preuve en est que nous sommes en train de le répliquer en Asie. Les clients se rendent compte que malgré plusieurs périodes de conjoncture pas évidentes et des marchés difficiles, travailler avec un manager multi-asset en architecture ouverte offre une bonne diversification et porte ses fruits. Par ailleurs, nous ne pratiquons aucune segmentation. Le client qui dispose d'un capital de 300.000 euros bénéficie du même conseil que celui qui possède un million d'euros ", souligne Philippe Mahy. Last but not least, les courtiers avec qui Architas travaillent y trouvent visiblement eux aussi leur compte. D'abord parce qu'" Architas fait le gros du travail, nous confie l'un de ces courtiers en assurance présents à Londres. Ensuite, il est possible de s'offrir une assez bonne diversification pour un ticket d'entrée raisonnable. Certes, celui qui est à la recherche du dernier carat fera autre chose. Mais la clientèle d'Architas n'est pas composée de flambeurs. C'est une clientèle dynamique mais prudente. De ce point de vue là, une certaine régularité dans le rendement nous aide aussi. Dégager depuis fin 2009 un rendement de 3,5 % ( hors précompte mobilier, Ndlr) sur un portefeuille neutre est quelque chose qui n'est pas évident, donc appréciable. " Enfin, " le modèle déployé par Architas sur le marché belge permet également aux courtiers de pouvoir présenter à leurs clients une offre compétitive, notamment face aux banquiers qui proposent des solutions d'assurance, ajoute Philippe Mahy en guise de conclusion.