Vincent Juvyns était l’invité du Trends des Marchés sur Trends Z ce lundi soir. Il explique pourquoi il est si important d’investir en bourse : préserver son pouvoir d’achat et renforcer l’économie.
“C’était Blue Monday en bourse aussi”, explique Vincent Juvyns d’emblée, “et Donald Trump a rajouté une couche ce dimanche évidemment.” Le troisième lundi de janvier est souvent vu comme le jour le plus déprimant de l’année. Les marchés ont clôturé dans le rouge, ce lundi. Rebelote ce mardi.
“Sur les marchés aussi on a senti cette morosité ambiante, il y a un contexte de tension géopolitique et de guerre. Dans certains États membres, il y a des tensions sociales et des tensions politiques inhérentes aux assainissements budgétaires qui doivent être réalisés. La France notamment est empêtrée dans des discussions budgétaires interminables”, dépeint-il, en prenant la journée de lundi sous la loupe.
Prudence
Au-delà, ce contexte affecte cependant réellement les consommateurs et investisseurs européens : ils se montrent prudents. Le taux d’épargne a augmenté à 15% du revenu disponible en 2025. “C’est trois fois plus qu’outre-Atlantique. C’est de l’argent qui n’est pas dépensé ni investi, et qui ne soutient pas l’économie”, analyse l’expert.
Mais voilà un certain paradoxe, car il y a néanmoins beaucoup de raisons de rester optimiste, en ce début d’année, malgré une montée de l’incertitude. “Je voudrais mettre en exergue, compte tenu de cette nouvelle salve de droits de douane, que la norme économique c’est l’expansion et non la récession. On la craignait mais elle n’est toujours pas arrivée. Sur le plan économique, les optimistes triomphent, et cela doit nous animer en ce Blue Monday.”
Bourse : rester investi
Étant donné ce contexte de croissance, les marchés ont commencé l’année en fanfare. Les prudents Européens perdent donc de l’argent, en économisant trop et en n’investissant pas assez.
“Faire le gros dos et rester avec ce surplus d’épargne n’est pas la bonne solution. Ni attendre la prochaine correction pour entrer sur le marché. Il est vain d’essayer de timer le marché. Ce qui est vrai pour l’économie, c’est-à-dire des phases d’expansion qui durent beaucoup plus longtemps que les phases de contraction, est vrai pour les marchés aussi. Les marchés haussiers sont en moyenne plus longs que les marchés baissiers, et les hausses sont plus importantes que les chutes. Rester investi, contre vents et marées, est souvent la meilleure solution.”
Perte de pouvoir d’achat
C’est donc un manque à gagner pour les Européens ainsi que pour l’économie européenne. Surtout que l’épargne rapporte beaucoup moins. Corrigé de l’inflation, en 15 ans, ceux qui ont privilégié l’épargne ont perdu 16% de leur pouvoir d’achat. Ceux qui ont investi sur les marchés européens ont gagné 50%.
“En mettant ce patrimoine à l’œuvre sur les marchés, on augmente son pouvoir d’achat. Et surtout, on apporte de capitaux nécessaires à nos entreprises pour créer de la valeur ajoutée, de l’activité économique et des emplois. C’est un cercle vertueux”, analyse Juvyns.
Et de conclure : “Il est malheureux de voir ce contexte actuel, qui va encore empêcher des épargnants d’aller vers les marchés boursiers. Alors… conjurons le sort. Parions sur un avenir meilleur, ayons conscience qu’historiquement, ce sont les optimistes qui triomphent et que la croissance est la norme dans l’économie et sur les marchés.”
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