UCB : de bons chiffres, mais des perspectives prudentes

UCB. BELGA PHOTO LAURIE DIEFFEMBACQ © BELGA
Danny Reweghs
Danny Reweghs Journaliste

UCB annonce des résultats en forte hausse, et des perspectives prudentes mais qui restent bonnes.

Le groupe biopharmaceutique belge UCB peut être satisfait se son année 2024. La raison principale est la levée de l’incertitude entourant le bimekizumab, inhibiteur de l’IL(Interleukine)-17A et de l’IL-17F, aux États-Unis. Après une longue attente, Bimzelx (le nom commercial du bimekizumab) a obtenu l’autorisation de mise sur le marché américain pour les patients atteints de psoriasis modéré à sévère en novembre 2023. Bimzelx a déjà réalisé des ventes de 215 millions d’euros au premier semestre 2024, dont 85 millions d’euros aux États-Unis. Au second semestre 2024, l’agence américaine des médicaments (FDA) a approuvé Bimzelx dans quatre états pathologiques supplémentaires précédemment approuvés en Europe : l’arthrite psoriasique, la spondyloarthrite axiale, la spondylarthrite ankylosante ankylopoétique et la maladie cutanée de Verneuil.

Les ventes ont grimpé à 392 millions d’euros au second semestre (202 millions aux États-Unis) et sur l’année de 148 millions (en 2023) à 607 millions (dont 287 millions aux US). C’est 7,9 % de mieux que prévu. En ce qui concerne le Bimzelx, les analystes estiment que les ventes maximales pourraient atteindre 5 milliards d’euros et plus, bien qu’UCB travaille avec un objectif d’au moins 4 milliards d’euros.

Fin de brevet et nouveau départ

Le groupe dispose de quatre autres médicaments récents qui constituent le nouveau réservoir de croissance, composé de cinq médicaments, pour plus que compenser l’expiration du brevet du médicament immunologique Cimzia et des médicaments contre l’épilepsie Vimpat et Keppra.

Le premier est le médicament contre l’épilepsie Fintepla, dont les ventes s’élèvent à 340 millions d’euros en 2024, soit une augmentation de 50 % par rapport à 2023. UCB vise des ventes d’au moins 800 millions d’euros d’ici 2027. En outre, il y a les médicaments contre les maladies auto-immunes Rystiggo (rozanolixizumab) et Zilbrysq (zilucoplan), tous deux approuvés dans la maladie musculaire rare qu’est la myasthénie généralisée, qui ont réalisé des ventes de 202 millions d’euros (19 millions en 2023) et de 72 millions (0 million) respectivement. Enfin, il y a Evenity, un médicament contre l’ostéoporose.

En Europe, UCB s’occupe elle-même des ventes et a réalisé 103 millions d’euros en 2024, soit 71% de plus qu’en 2023 (60 millions). Les recettes d’UCB provenant des ventes d’Evenity dans les autres régions par les partenaires Amgen et Astellas ont augmenté de 31% pour atteindre 481 millions d’euros. Ensemble, les cinq pôles de croissance ont généré des ventes annuelles de 1,3 milliard d’euros.

Chiffres

Les ventes annuelles du groupe ont augmenté de 17% pour atteindre le chiffre record de 6,15 milliards d’euros, soit 5,2% de plus que prévu (+26,2 % au second semestre pour atteindre 3,4 milliards).

Le médicament contre l’épilepsie Briviact a atteint le pic de ventes prévu d’au moins 600 millions grâce à des ventes annuelles de 686 millions d’euros (+19,1%) deux ans plus tôt que prévu. Les ventes de Cimzia ont connu une baisse limitée de 2,6%, à 2,03 milliards d’euros, en l’absence de concurrence générique malgré l’expiration du brevet.

Le flux de trésorerie d’exploitation récurrent (hors éléments exceptionnels), rebitda, a augmenté de 9% pour atteindre 1,48 milliard d’euros, dont +50% pour atteindre 824 millions au second semestre de l’année. La pression sur les marges est le résultat d’investissements importants dans les ventes et le marketing (+30% à 2,08 milliards d’euros). La marge de rebitda est tombée à 24%, contre 25,7% en 2023 (23-24,5% prévus).

Le bénéfice net de base par action est passé de 4,2 à 4,98 euros, ce qui est nettement supérieur aux attentes (3,7 à 4,4 euros). Le dividende brut a été augmenté de 2% à 1,39 euro par action.

Pour 2025, UCB vise un chiffre d’affaires de 6,5 à 6,7 milliards d’euros, inférieur aux attentes moyennes de 6,9 milliards. La marge de rebitda augmentera conformément aux attentes pour atteindre 30%. L’été dernier, la prévision avait déjà été revue à la baisse par rapport à la fourchette précédente de 30 à 35%. Le bénéfice net de base par action passerait de 6,8 à 7,4 euros (consensus de 7,32 euros).

Conclusion

Les actions UCB ont légèrement reculé en raison des perspectives prudentes pour 2025, mais ont bien sûr connu une forte hausse depuis la fin de 2023. Fondamentalement, les perspectives sont très positives, mais nous attendons un repli vers 150 euros pour une éventuelle augmentation de la recommandation.

Recommandation : conserver/attendre

Risque : moyen

Note : 2B

Cours : 178,75 euros

Ticker : UCB BB

Code ISIN : BE0003739530

Marché : Euronext Brussels

Capitalisation boursière : 34,8 milliards d’euros

Ratio C/B en 2024 : 35,9

Ratio C/B attendu en 2025 : 24,4

Différence du cours sur 12 mois : +84%

Différence de cours depuis le début de l’année : -6,6%

Rendement du dividende : 0,8%

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