Tesla sous pression: marges en recul et un modèle économique de plus en plus mis à l’épreuve

Tesla. REUTERS/Bhawika Chhabra © REUTERS

Tesla a subi un net repli de sa rentabilité au quatrième trimestre 2025, illustrant les tensions croissantes qui pèsent sur son modèle économique. Le constructeur américain a vu son bénéfice net chuter de 61 %, à 840 millions de dollars, pénalisé par un affaiblissement des ventes automobiles et une hausse continue des coûts.

Si le chiffre d’affaires trimestriel recule modestement de 3 %, à 24,9 milliards de dollars, la contre-performance est plus marquée dans le cœur historique du groupe : les revenus de l’activité automobile plongent de 11 %. La dynamique est en revanche plus favorable du côté des batteries et des solutions énergétiques, qui amortissent partiellement le choc.

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Sur l’ensemble de l’année 2025, Tesla affiche un chiffre d’affaires de 94,8 milliards de dollars, en baisse par rapport à 2024, tandis que le bénéfice net est quasiment divisé par deux, à 3,8 milliards. Le ralentissement se reflète également dans les volumes : les livraisons de véhicules diminuent tant au quatrième trimestre que sur l’année complète.

Dans un marché mondial de l’électrique de plus en plus concurrentiel, Tesla a par ailleurs perdu son statut de leader au profit du chinois BYD, dont les ventes ont fortement progressé. À ces défis industriels s’ajoutent des risques d’image, liés aux prises de position et engagements politiques d’Elon Musk, qui ont alimenté des appels au boycott.

Face à ces vents contraires, le groupe affirme vouloir accélérer sa transformation stratégique vers l’intelligence artificielle, marquant, selon ses mots, le passage d’un fabricant de véhicules à une entreprise technologique à part entière.

“Nous avons posé les fondations pour l’avenir de Tesla”

Le groupe a cité en exemples la conduite entièrement autonome (FSD), le lancement des tests de son service de taxi sans chauffeur Robotaxi à Austin (Texas) et l’installation des lignes de production du véhicule Cybercab (pour le Robotaxi), ou encore la finalisation de celles du robot humanoïde Optimus, “tout en agrandissant (son) infrastructure d’entraînement de l’IA”. Les productions à grande échelle d’Optimus – l’objectif est d’en fabriquer annuellement un million – et du semi-remorque électrique Semi doivent commencer dans le courant du premier semestre 2026, tandis que les préparatifs ont été lancés pour celle d’un modèle sportif Roadster de nouvelle génération.

A contrario, Elon Musk a annoncé la fin des voitures Model S et Model X, devenues obsolètes dans un monde de conduite autonome et pour faire de la place à la fabrication d’Optimus à l’usine de Fremont (Californie). Autant de chantiers qui vont entraîner en 2026 de “très gros investissements pour un avenir épique”, a prévenu Elon Musk. Le directeur financier Vaibhav Taneja a précisé que “plus de 20 milliards de dollars” (8,5 milliards en 2025) seraient ainsi dépensés.

Tesla a également annoncé la conclusion le 16 janvier d’un accord en vue d’une prise de participation équivalant à environ 2 milliards de dollars dans le capital de xAI, start-up spécialisée dans l’IA lancée par Elon Musk. L’opération devrait être finalisée dans le courant du premier trimestre 2026. Elle est accompagnée d’un accord stratégique non détaillé entre les deux groupes. La start-up a annoncé le 6 janvier qu’elle avait pu lever 20 milliards de dollars lors d’un tour de table, soit davantage que son objectif initial de 15 milliards. Plusieurs sociétés d’investissements, comme Valor Equity Partners et Stepstone Group ou encore le fonds souverain qatari Qatar Investment Authority, y ont participé.

Reste à savoir si ce virage suffira à restaurer durablement la croissance et les marges.

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