SAP chute lourdement en bourse ce jeudi. Que se passe-t-il ?
Journée noire pour SAP : l’entreprise de logiciels allemande et géant technologique européen perd 15% en bourse ce jeudi, à l’heure d’écrire ces lignes. Une chute qui dépassait même les 16,5% plus tôt dans la journée. Soit sa pire journée depuis fin 2020.
Pourquoi cette chute, ce jeudi ? Le groupe a annoncé des résultats trimestriels qui déçoivent le marché.
- C’est notamment du côté de la croissance de son carnet de commandes que le bât blesse. Il a augmenté de 16% sur le quatrième trimestre, à 21,1 milliards d’euros, là où le marché s’attendait à +26%.
- Le groupe indique en plus que la croissance de la taille du carnet de commandes devrait “décélérer légèrement” en 2026.
- Mais toujours est-il que les commandes enregistrées en ce dernier trimestre sont une “fondation solide” pour une accélération de la croissance du chiffre d’affaires jusqu’en 2027.
- Sur le dernier trimestre, le groupe a réalisé un chiffre d’affaires de 9,7 milliards d’euros, en légère hausse en un an (+3%). Son bénéfice opérationnel, de 2,6 milliards, est en hausse de 30%.
Chute en bourse
Ce qui pèse sur SAP, c’est la menace de l’IA. Même si l’entreprise s’est transformée en un acteur proposant des services de cloud et non plus uniquement de logiciels, le marché craint que les bots d’intelligence artificielle soient la corde au cou de ce genre d’entreprises. Le cours a ainsi perdu plus de 40% depuis un sommet atteint en février l’année dernière.
SAP reconnaît cette menace. “Ce qui est clair, c’est que l’une des applications phares de l’IA est de transformer complètement la manière dont les entreprises développent du code, c’est-à-dire des logiciels. La question se pose donc : les clients ne pourront-ils pas désormais tout faire eux-mêmes, ce qui signifierait une réduction du marché (pour des entreprises de logiciels, NDLR) ?”, indique son directeur financier, Dominik Asam à CNBC.
Mais l’entreprise se veut aussi confiante. “Tout dépend donc de la rapidité avec laquelle SAP pourra intégrer ces technologies dans son portefeuille de R&D afin de conserver son avantage relatif en termes d’économies d’échelle”, continue-t-il. “Jour après jour, nous y travaillons et essayons d’être à la pointe de l’adoption de l’IA parmi nos 35 000 développeurs.”