Les banques européennes pourront-elles continuer leur rallye en 2026 ?

UniCredit, banque européenne. REUTERS/Dado Ruvic/Illustration/File Photo © REUTERS
Charly Pohu
Charly Pohu Journaliste

Après un impressionnant rallye en 2025, est-ce que les banques européennes peuvent réitérer la performance en 2026 ? Une vague de fusions et d’acquisitions pourrait en effet porter le secteur vers de nouveaux sommets, en bourse.

2025 a été une année folle pour les banques européennes. A l’heure d’écrire ces lignes, l’Euro Stoxx 600 Banks, indice de référence en la matière, est en hausse de 67% depuis début janvier. Dépassant largement les 21% gagnés par le Nasdaq. D’excellents résultats trimestriels, dans un contexte de taux d’intérêt favorable, a notamment poussé leurs cours vers le haut.

Mais les banques peuvent-elles continuer sur cette lancée en 2026 ? C’est la question que se pose le marché à l’heure où nous entrons dans la nouvelle année.

Utiliser le capital excessif

L’IA pourrait être un nouveau moteur de ce rallye, car la technologie pourrait fortement réduire les coûts des banques, rapportions-nous récemment. Tout comme un environnement de taux qui devrait rester favorable.

Mais il y a un autre élément qui pourrait également jouer en 2026, selon Benjamin Goy, expert des valeurs financières européennes auprès de Deutesche Bank. “Les banques européennes sont bien capitalisées. La plupart d’entre elles, voire toutes, disposent d’un excédent de capital important”, explique-t-il à CNBC.

Et voilà tout l’enjeu, ou le défi : que faire avec cet argent, pour le faire fructifier davantage ? Les banques ont des opportunités de croissance organique – comme des taux d’intérêt qui devraient rester élevés et de plus en plus d’Européens qui investissent en bourse et paient donc des commissions, sait-il. Mais elles sont “tellement rentables, qu’il faut savoir faire plus”.

Fusions et acquisitions

L’expert pointe notamment vers des fusions et acquisitions, qui peuvent renforcer les sources de revenus tout en les diversifiant. “C’est quelque chose qui manquait au secteur depuis près d’une décennie. La confiance revient parmi les équipes de direction. Les investisseurs sont de plus en plus favorables, et les transactions annoncées sont généralement rentables, ce qui explique pourquoi même le cours des actions des acquéreurs a tendance à augmenter. Nous nous attendons à ce que ce type d’activité se multiplie.”

L’Italie et le Royaume-Uni seraient notamment des marchés où il faudrait s’attendre à de tels accords. Le risque d’exécution y serait moins élevé, les synergies importantes et il serait facile de parvenir à des accords rentables. Ce n’est pas nouveau pour l’Italie, qui est un marché très morcelé avec de nombreuses petites banques locales et autres banques de taille moyenne. Les experts s’attendent depuis longtemps à une vague à quelques consolidations. Va-t-elle se concrétiser en 2026 ?

Les banques Monte dei Paschi (détenue par le gouvernement italien depuis son sauvetage mais que Rome veut revendre), Erste Group, Bank of Ireland et Barclays pourraient ainsi faire partie d’accords, d’une manière ou d’une autre, selon l’expert, qui les classe parmi les préférés de Deutsche Bank. Il souligne aussi qu’il s’attend à une compétition particulièrement intense, en vue de fusions et d’acquisitions, pour les acteurs de gestion de patrimoine et d’actifs et les entreprises d’assurances.

Benjamin Goy ajoute que les deals entre entités d’un même pays seraient plus faciles à réaliser. Entre acteurs de différents pays, les risques d’exécution sont plus élevés, les synergies moins importantes et il peut y avoir des levées de boucliers politiques. L’Italien UniCredit voulait par exemple racheter l’Allemand Commerzbank, mais le deal n’est pas encore fait. Les Allemands font des pieds et des mains pour éviter un rachat. Un dossier à suivre en 2026… qui risque donc d’être une année riche en actualité autour des banques.

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