L’action de Puma s’est envolée en Bourse après l’annonce de l’arrivée d’un acteur majeur au sein de son capitale. Une transaction perçue par les marchés comme un signal fort pour la relance du groupe.
Le titre du fabricant allemand d’articles de sport a gagné plus de 20 % en début de séance, avant de réduire légèrement ses gains. À l’origine de ce mouvement spectaculaire : l’annonce de l’entrée au capital du géant chinois Anta Sports, qui rachète 29 % du capital de Puma à la famille Pinault.
Anta versera 1,5 milliard d’euros – soit 35 euros par action, intégralement en numéraire – à Artémis, la holding de la famille Pinault, pour une participation précisément établie à 29,06 %. Cette opération fera du groupe chinois le premier actionnaire de Puma.
La transaction, qui doit encore recevoir les autorisations réglementaires, devrait être finalisée d’ici la fin de l’année. Elle intervient surtout à un moment charnière pour Puma, confronté à un ralentissement de ses ventes et engagé dans une restructuration stratégique depuis l’arrivée, l’an dernier, de son nouveau directeur général Arthur Hoeld, ex-cadre dirigeant d’Adidas. La marque allemande a également fortement souffert de la guerre tarifaire instaurée par Donald Trump l’année dernière, les investisseurs craignant que cela n’affecte la demande des consommateurs. L’action Puma a chuté de près de 50 % en 2025, selon les données de LSEG.
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Un géant chinois du sport en quête d’expansion mondiale
Coté à Hong Kong, Anta Sports poursuit avec cette opération sa stratégie d’expansion internationale. Le groupe chinois s’est forgé une solide réputation dans la reprise et la relance de marques occidentales de sport et de mode. En 2019, il avait notamment piloté un consortium pour acquérir Amer Sports, propriétaire de marques comme Wilson, Arc’teryx, Salomon ou Atomic.
« Anta rachète en réalité une marque dotée d’un riche héritage et de produits historiquement performants à un prix dérisoire », souligne Melinda Hu, analyste chez Bernstein. Pour Felix Dennl, analyste chez Metzler cité par CNBC, l’opération s’inscrit pleinement dans la stratégie de croissance multimarque du groupe chinois.
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En s’appuyant sur l’héritage et la notoriété de Puma, Anta pourrait ainsi se renforcer dans de nouvelles catégories de produits et accélérer son implantation sur des marchés encore peu exploités. « Puma comble le vide sur le marché grand public des chaussures de sport et des vêtements de sport tendance — un segment positionné entre Nike, Adidas et les marques à bas prix », analyse Julia Zhu, associée au cabinet de conseil CIC.
Déjà solidement implantée en Europe et en Amérique latine, mais plus faible en Chine et en Amérique du Nord, Puma offre à Anta « un chevauchement limité et un potentiel de synergies élevé », conclut-elle.