Intel débute l’année en demi-teinte. Si ses résultats du quatrième trimestre 2025 ont dépassé les attentes de Wall Street, cela n’a pas empêché le titre de chuter lourdement après l’annonce de prévisions jugées décevantes.
Le fabricant de semi-conducteurs a enregistré un chiffre d’affaires de 13,7 milliards de dollars, contre 13,4 milliards attendus, pour le dernier trimestre 2025. Une performance solide, qui n’a pas empêché son action de décrocher de près de 13 % après la fermeture de Wall Street.
En cause, une révision à la baisse des perspectives pour le trimestre en cours. Intel anticipe désormais un chiffre d’affaires compris entre 11,7 et 12,7 milliards de dollars au premier trimestre, une fourchette inférieure aux 12,51 milliards de dollars prévus par les analystes interrogés par LSEG.
Dans l’IA, la moindre déception peut être ravageuse.
Ces prévisions prudentes reflètent des inquiétudes sur la capacité du groupe à répondre à la demande en matière de puces. Interrogé par CNBC, le directeur financier David Zinsner a expliqué que l’entreprise ne disposait pas encore des approvisionnements nécessaires pour absorber la demande saisonnière, une situation qui devrait toutefois s’améliorer au deuxième trimestre.
De son côté, le PDG Lip-Bu Tan a reconnu, lors d’une conférence téléphonique avec les analystes, que les rendements de production restaient perfectibles. « Ils sont conformes à nos prévisions internes, mais encore inférieurs à mes objectifs », a-t-il admis.
À cela s’ajoute une dégradation des résultats financiers : Intel a annoncé une perte nette de 600 millions de dollars, contre une perte de 100 millions un an plus tôt.
La fin d’une bonne série ?
Ces perspectives mitigées mettent un coup d’arrêt à une période d’euphorie boursière pour l’entreprise. En 2025, l’action Intel avait bondi de 147 %, portée par l’espoir de décrocher un premier client majeur pour son activité de fonderie, ainsi que par les progrès de sa technologie de gravure 18A, présentée comme concurrente du 2 nm de TSMC et jugée « au-delà des attentes ».
L’optimisme reposait aussi sur la forte demande pour les puces serveurs du groupe, dopée par l’essor des investissements dans les infrastructures liées à l’intelligence artificielle.
Enfin, Intel a accueilli d’importants investissements en 2025, dont ceux de SoftBank, Nvidia, mais aussi du gouvernement américain.
De sorte que cette douche froide pourrait n’être que temporaire, le contre-coup d’une mauvaise nouvelle. L’optimisme qui a gagné les investisseurs en 2025 pourrait toutefois resurgir rapidement, porté par les perspectives à plus long terme du PDG d’Intel et par l’engouement autour de l’IA.