Un trader a gagné plus de 400.000 dollars en pariant sur l’attaque américaine du Venezuela et l’enlèvement de Maduro. Un bénéfice qui pose question sur un éventuel délit d’initié.
Près de 410.000 dollars : c’est ce qu’a gagné un trader sur la plateforme Polymarket en misant sur l’attaque américaine contre le Venezuela et l’enlèvement du président Nicloás Maduro. C’est un site de paris sur des événements qui fonctionne un peu comme le marché boursier avec des parts qu’on peut acheter et revendre, parts qui représentent la probabilité si oui ou non un événement aura lieu. Les paiements se font en stablecoins.
Ce trader a donc commencé à prendre des positions fin décembre. Une première le 27 décembre. Il a alors misé 96 dollars… mais pour que ce pari paie, l’attaque et l’enlèvement auraient dû avoir lieu avant le 31 décembre. Il a réitéré ces mises dans les jours qui ont suivi. Juste avant le week-end, sa position valait ainsi 34.000 dollars, rappelle Reuters. Mais il est difficile de dire combien d’argent il a réellement placé et de combien le cours de cette position a augmenté sur le marché, avec les menaces américaines qui allaient crescendo sur la semaine et l’engouement que cela aurait pu susciter sur la plateforme.
Puis samedi, Washington a bombardé Caracas, faisant 80 morts, et a enlevé Maduro. Et le trader mystérieux et anonyme a empoché un fameux pactole.
Insider ?
C’est un pari qui pose question. Car même si ces menaces allaient crescendo, l’attaque a néanmoins été une surprise pour plus d’un. L’nnlèvement de Maduro encore plus. Donc, s’agit-il d’un joueur qui avait le bon flair… ou d’une personne issue du monde politico-militaire et qui était au courant de l’opération, et donc un délit d’initié ?
La nouvelle a en tout cas fait réagir le député démocrate Ritchie Torres. Il a annoncé vouloir introduire un projet de loi cette semaine encore pour interdire aux députés, élus et à tout employé fédéral de placer des paris sur de telles plateformes. Pour les empêcher de mettre des informations confidentielles à profit, mais aussi pour les empêcher de divulguer de telles informations en attirant l’attention avec de gros placements.
À voir si ce texte a des chances de passer, car cela fait des années que des députés essaient de limiter les possibilités pour les élus de négocier des actions en bourse, aussi sur base de suspicions de délits d’initiés. L’ancienne présidente de la Chambre, Nancy Pelosi, a par exemple souvent été pointée du doigt pour la pratique. Mais elle a aussi servi de modèle : de nombreux investisseurs et même des fonds ont scrupuleusement suivi ses placements.
Groenland ?
Fort de son attaque au Venezuela, Donald Trump n’a pas tardé à remettre ses revendications territoriales à propos du Groenland sur la table. Le pays, qui dépend du Danemark, est-il le prochain sur la liste ? L’attaque du Venezuela montre en tout cas (une fois de plus) que Trump n’en a que faire du droit international pour parvenir à ses fins, et les craintes pour le Groenland montent d’un cran en Europe.
Il nous est cependant impossible d’accéder au site de Polymarket, bloqué en Belgique par les autorités fédérales, pour voir si la cote du “oui” quant à l’invasion/annexion du Groenland avait augmenté depuis samedi. Et avant quelle date.
