Erik Joly est l’invité du Trends des Marchés de ce lundi. Il analyse l’idée de la Bourse de New York de passer à du trading continu, 24h/24.
Rien de précis n’a encore été conclu, mais la bourse de New York, ou NYSE, travaille sur une initiative pour établir la négociation continue, 24h/24, pendant les cinq jours ouvrables de la semaine. Mais serait-ce un grand bouleversement, ou une suite logique de l’histoire de la bourse et des marchés ?
“Vous vous souvenez certainement du temps où les traders étaient attendus sur le floor à Wall Street pour faire des achats et des ventes. Ils étaient debout et criaient. Ils devaient garder une comptabilité et notaient tout sur un papier. Un peu comme on l’a connu à Bruxelles aussi, avec la criée. Avec l’élargissement des heures de trading, cette pratique devenait physiquement impossible, évidemment. Le NYSE a d’ailleurs publié des chiffres : à partir de 2019, l’institution a vu que les volumes échangés en dehors des heures traditionnelles étaient en forte hausse. Pour l’année 2024 on parle d’une explosion, avec un volume de 60 milliards de dollars. C’est gigantesque”, répond Erik Joly.
Et d’ajouter : “Cela représenterait quand même un changement fondamental. Si ce trading continu devait se faire, la cérémonie que l’on connaît tous, avec la cloche en début de séance et en fin de séance, n’existerait plus.”
Avantages ?
Qu’est-ce que cette négociation continue pourrait apporter de plus ? “Aujourd’hui, si vous achetez ou vendez une action après la clôture, la transaction se fait le lendemain. Si par contre on est dans un système de trading 24h/24, elle pourrait se faire le jour même.”
Mais y a-t-il aussi des désavantages ? “D’un autre côté, il ne faut pas exagérer non plus. Admettons qu’il soit 23h, heure américaine. Je vois mal, à ce moment-là, Trump ou le président de la Fed par exemple faire des déclarations importantes. Il faut aussi savoir que les marchés US sont importants pour le reste du monde”, analyse Erik Joly. Les autres marchés sont dans d’autres fuseaux horaires et n’auront pas forcément ce système de trading continu. “A mon sens, l’intérêt est limité”, conclut-il.
Cette possibilité de trading sans fin pourrait attirer quelques capitaux en plus vers Wall Street, mais là aussi, l’impact serait limité. “Je pense que l’idée pourrait plutôt intéresser les jeunes. Ils ont l’habitude de jouer sur leur portable. Ils achètent et vendent des cryptomonnaies, déjà disponibles 24h/24. Mais je me pose quand même la question de savoir si les banques sont vraiment intéressées par cette possibilité. Au final, les jeunes, malheureusement, n’ont pas toujours les mêmes moyens que les grands fonds d’investissement. A voir, donc.”