Tout porte à croire que 2026 pourrait marquer un tournant pour la robotique. Les premiers jours de l’année donnent déjà le ton, avec Atlas, la dernière évolution du robot humanoïde de Boston Dynamics, désormais épaulé par deux poids lourds de la tech : Google et Nvidia.
À l’occasion du CES 2026 de Las Vegas, le constructeur coréen Hyundai a levé le voile sur ses ambitions en matière de robotique industrielle. Moins médiatisé que Tesla et son Optimus, Hyundai dispose pourtant d’un atout stratégique : Boston Dynamics, pionnier du secteur, racheté (à 88%) en 2021. Un levier que le groupe entend exploiter pour franchir un cap décisif.
D’un prototype spectaculaire à un outil industriel
Longtemps cantonné au rôle de démonstrateur technologique – capable de saltos, de courses et de danses endiablées – Atlas change aujourd’hui de statut. Dans sa version « produit », le robot humanoïde quitte le laboratoire pour affronter les réalités du terrain industriel. Sa mission : assister les humains, et non les remplacer, dans les usines.
Conçu pour les environnements exigeants, Atlas peut soulever jusqu’à 50 kg, fonctionner entre –20 °C et 40 °C, mais peut surtout résister à la poussière et aux projections d’huile, puisqu’il est étanche. Un argument de taille, car cela lui permet d’être nettoyé au jet d’eau. Une robustesse pensée pour la maintenance et la continuité de production.
L’IA comme chaînon manquant
Si Boston Dynamics maîtrise depuis longtemps la mécanique et l’agilité robotique, la compréhension de l’environnement restait un défi. C’est ici qu’entrent en scène Google DeepMind et Nvidia. Le premier apporte son expertise en intelligence artificielle, le second l’infrastructure de calcul nécessaire pour traiter ces modèles complexes en temps réel.
L’objectif : permettre à Atlas de percevoir son environnement comme un humain, d’identifier des objets, d’anticiper des situations imprévues et de s’adapter. Concrètement, l’IA générative doit lui éviter de se bloquer à la moindre anomalie – une pièce mal positionnée, un objet légèrement déplacé – en analysant la situation et en ajustant ses gestes.
« Le moment ChatGPT de la robotique est arrivé. Les percées de l’IA physique, des modèles qui comprennent le monde réel, raisonnent et planifient des actions, ouvrent la voie à des applications entièrement nouvelles », a résumé Jensen Huang, fondateur et PDG de Nvidia, lors de sa conférence au CES 2026.
La location plutôt que la vente
Et Hyundai ne se contente pas d’une démonstration technologique. Le groupe avance un calendrier précis : dès 2028, les premiers Atlas 2.0 seront déployés dans ses usines de Savannah, en Géorgie, pour des tâches de séquençage de pièces.
À l’horizon 2030, ils devraient s’attaquer à des opérations d’assemblage plus complexes, avec un objectif de production de 30 000 robots par an.
Côté modèle économique, Hyundai privilégie le Robotics-as-a-Service (RaaS). Plutôt que de vendre ses robots – estimés à environ 150 000 dollars l’unité à l’horizon 2028 selon Frandroid, basé sur les prédictions de Morgan Stanley – le constructeur proposera une formule de location incluant maintenance et mises à jour logicielles. Une approche rassurante pour des industriels encore prudents face à ces investissements lourds.
À rebours de la tendance grand public, Hyundai mise avant tout sur l’efficacité immédiate en usine, et sur un retour sur investissement mesurable, plutôt que sur des robots domestiques encore maladroits pour plier le linge ou charger un lave-vaisselle. Avec Atlas, dopé à l’IA de Google et à la puissance de calcul de Nvidia, la robotique industrielle semble bel et bien entrer dans une nouvelle ère.
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