« Bon AIppétit » : on a testé Gemini comme chef à domicile, et c’était pas dégueulasse

© Jennifer Mertens
Jennifer Mertens

Mettre au défi Gemini pour créer, de A à Z, une recette à partir d’ingrédients hétéroclites – dont l’un typiquement belge – puis se laisser accompagner à chaque étape du processus créatif : de l’élaboration du plat à sa préparation, en passant par son nom et même sa mise en scène pour les réseaux sociaux. Voilà l’exercice immersif auquel Google nous a conviés. Car oui, le chatbot du géant américain n’a pas que pour vocation d’aider à l’écriture d’un mail ou à la réalisation d’un travail pour l’école.

« En ce début d’année, l’heure est aux bonnes résolutions, avec notamment une détox numérique. Mais chez Google, nous pensons qu’il est plus intéressant de faire appel aux technologies là où elles peuvent vraiment être utiles, notamment en cuisine. » C’est sur ces mots que s’est ouvert l’atelier culinaire orchestré par Google Belgique, dans le restaurant Oh-Chef, spécialiste de l’expérience culinaire à domicile et en entreprise en Belgique, sous le regard attentif de la cheffe Sofie Dumont.

Bien évidemment, l’objectif de cet atelier était de démontrer l’étendue des possibilités offertes par Gemini. L’IA générative de Google, multimodale, est capable de produire du texte, mais aussi des images, du code ou encore des vidéos. Autrement dit, elle se montrepertinente dans de nombreux cas de figure : dans un cadre professionnel – pour générer du code, rédiger un e-mail ou prépare une présentation -, dans un cadre créatif, mais aussi dans des usages plus légers – créer une image amusante ou des vidéos drôles -, mais aussi tout simplement au quotidien, comme l’élaboration du menu de la semaine.

« Une aide pour alléger la charge mentale », nous a-t-on expliqué, exercice à l’appui.

Une IA qui cuisine… avec ce qu’il y a dans mon frigo

Si Internet regorge de recettes toutes plus originales les unes que les autres, celles-ci exigent souvent une certaine préparation en amont : dresser une liste d’ingrédients, adapter les quantités, faire les courses. L’exercice devient encore plus chronophage lorsqu’il faut ajuster les recettes à un régime alimentaire particulier. C’est précisément là que Gemini – et, plus largement, les IA génératives – se montrent intéressantes, puisqu’il est possible de leur transmettre, oralement ou par écrit, une multitude de contraintes sans que le chatbot ne se sente submergé. À cela s’ajoute la capacité de l’intelligence artificielle à concevoir une recette à partir de fond de frigo et autres restes.

Un aspect que nous avons pu tester durant l’atelier. Devant nous, une boîte contenant des ingrédients à l’association improbable – et résolument belge – composée de chicons, poires, mascarpone, romarin, vanille et amandes. De prime abord, la combinaison semblait compliquée, mais pas pour Gemini.

Grâce à la fonction Live, nous avons pu lui faire reconnaître l’ensemble des ingrédients et lui demander de créer une recette. Après quelques ajustements – l’IA avait tendance à mettre certains ingrédients de côté -, nous étions prêts à réaliser une tarte sucrée-salée les réunissant tous.

Pour l’exécution, malheureusement, l’IA n’a pas – encore ? – pu cuisiner à notre place. En revanche, elle s’est montrée disponible à la moindre question : combien de poires faut-il couper ? Puis-je les caraméliser avec de la vanille et du sucre ? Ajoute un minuteur pour la tarte. Le tout, oralement, afin de garder les mains (sales) libres.

Dans les faits, nous avons toutefois préféré nous appuyer sur les instructions écrites, jugées plus faciles à suivre que les consignes vocales – sans doute une question d’habitude, que ce soit dans l’usage de l’IA ou tout simplement en cuisine.

Tout au long de l’exercice, Gemini s’est révélé utile, même si certaines étapes ont nécessité plusieurs échanges – notamment en ce qui concerne les quantités, absentes au début de la recette. À chaque sollicitation, toutefois, l’IA générative a répondu présente.

erdict ? Notre tarte était excellente. C’est l’association qui a suscité le plus de réactions – les chicons font rarement l’unanimité – et si le dressage n’était peut-être pas aussi soigné que celui d’autres plats, elle a convaincu tout le monde par son goût. À refaire.

Un assistant créatif

Nous avons également pu tester sa créativité pour nommer notre plat et nous aider à le mettre en scène afin de l’immortaliser sous son meilleur jour. Gemini nous a proposé plusieurs suggestions de noms en fonction de l’objectif recherché – plutôt chic ou esprit bistrot – ainsi que des règles d’or pour réussir une mise en scène optimale à destination des réseaux sociaux.

Pour pousser encore plus loin l’expérience, nous avons demandé à l’IA de Google de générer une image à partir de notre propre photo, accompagné d’un prompt précis (via Nano Banana) : « Crée une photo de ma tarte pour un livre de cuisine, style bistrot chic, avec des poires, du romarin et de la farine sur une table. » Le résultat ne s’est pas fait attendre : quelques secondes, top chrono. Sur ce point, de manière générale, Gemini bat à plates coutures ChatGPT. Nous avons ensuite réitéré l’exercice dans un registre plus gastronomique, évoquant un restaurant trois étoiles.

Notre photo / la première version de Gemini, style bistrot / la deuxième version de Gemini, style “3 étoiles”.

L’IA en cuisine

De fait, Gemini peut s’avérer utile en cuisine… mais cela, Google l’avait déjà affirmé dès la première présentation de son IA générative, à l’époque où elle s’appelait encore Bard.
De notre côté, nous faisons régulièrement appel à ce type de technologie pour nous assister derrière les fourneaux, en nous tournant toutefois plus volontiers vers ChatGPT… par simple habitude. Nous n’avons donc pas été particulièrement surpris de recourir à Gemini dans ce type d’exercice, mais le chatbot de Google s’est effectivement montré à la hauteur de l’expérience.

On note toutefois que Gemini, qui a souffert de la sortie du chatbot d’OpenAI en décembre 2022 et peiné à le rattraper pendant près de trois ans, a aujourd’hui largement comblé l’écart qui les séparait.

Fort d’une solide expérience globale, d’une base de données colossale et, surtout, d’un vaste écosystème de services permettant d’intégrer son IA au plus près des utilisateurs, ainsi que de moyens colossaux, Google marche désormais sur les plates-bandes d’OpenAI – au point de commencer à l’inquiéter. Un sentiment qui se dessine d’ailleurs dans le secteur et chez de nombreux experts : Gemini est en passe de reconquérir sa position de numéro un sur le marché de l’intelligence artificielle, et pas uniquement pour ses talents culinaires.

Petit guide d’utilisation

En pratique, si cela vous intéresse, voici des usages très concrets pour lesquels Gemini peut être utile derrière les fourneaux :
– Instructions mains libres : inutile de toucher l’écran avec les mains pleines de farine. Il suffit de demander à Gemini Live de passer à l’étape suivante ou de répéter une consigne.
– Conversion des unités : cups, pounds ou Fahrenheit sont convertis à la volée en grammes, litres ou degrés Celsius.
– Adaptation des quantités : un invité de plus ? Gemini recalcule les proportions.
– Aide sur les techniques culinaires : une étape floue, une cuisson incertaine ? L’IA explique ou renvoie vers une vidéo explicative.
– Gestion de plusieurs minuteurs : chaque élément du plat peut avoir son propre timer, déclenché à la voix.

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