Le géant chinois Dreame a créé la surprise lors du dernier CES de Las Vegas. Jusqu’ici principalement connu pour ses aspirateurs balais et robots laveurs autonomes, le fabricant a profité du plus grand salon technologique du monde pour officialiser une ambition inattendue : son entrée sur le marché automobile. Et pas timidement. Dreame y a dévoilé trois voitures électriques aux performances dignes d’hypercars.
Avec cette annonce, Dreame confirme sa volonté de s’imposer comme un acteur technologique global, capable de couvrir un spectre toujours plus large de marchés. En 2025 déjà, le groupe chinois avait multiplié les lancements : laveurs de vitres, machines à laver, réfrigérateurs, télévisions et nouveaux appareils dédiés à l’entretien de la maison. Une stratégie tous azimuts qui n’est pas sans rappeler celle d’un autre mastodonte chinois, Xiaomi.
Smartphone en vue pour boucler l’écosystème ?
La comparaison ne s’arrête pas là. La rumeur évoque désormais le lancement prochain d’un smartphone baptisé Dreame E1. Le fabricant, historiquement proche de l’écosystème Xiaomi, reprendrait ainsi à son compte la philosophie Human × Car × Home. À une nuance près : Dreame est parti de la maison pour s’attaquer ensuite à l’automobile. Les smartphones – et, à terme, toute une galaxie d’objets connectés – viendraient fermer la boucle.
Performances extrêmes et démonstration technologique
Au CES, Dreame a donc levé le voile sur un concept-car particulièrement spectaculaire : la Nebula Next 01. Une vitrine technologique assumée, pensée pour frapper les esprits. Le constructeur annonce un 0 à 100 km/h expédié en seulement 1,8 seconde. Selon les informations communiquées, la voiture embarquerait quatre moteurs électriques pour une puissance combinée de 1 399 kW, soit environ 1 876 chevaux.
Le design, très radical, s’inspire clairement de l’univers de la course automobile : lignes affûtées, aérodynamique extrême et posture ultra-basse. Dreame précise toutefois qu’il s’agit d’une exploration conceptuelle, sans vocation immédiate à la production. L’entreprise avait néanmoins indiqué précédemment viser la commercialisation d’un premier modèle dès 2027.
Une implantation industrielle européenne déjà envisagée
En parallèle, le groupe a présenté deux autres véhicules, les Star Razer et Star Matrix, commercialisés sous la marque Kosmera, elle-même chapeautée par Mova, filiale plus accessible de Dreame également active dans l’électroménager. Ces modèles misent eux aussi sur la démesure : quatre moteurs électriques à aimants permanents délivrant chacun 350 kW, soit une puissance totale de 1 400 kW (environ 2 040 chevaux). Le 0 à 60 mph (96 km/h) serait abattu en moins de 2,4 secondes.
Mais l’annonce la plus marquante reste sans doute industrielle. Kosmera évoque déjà un projet d’implantation en Europe, avec un investissement potentiel de plusieurs milliards d’euros, déployé en plusieurs phases. Un premier centre d’innovation « 3-en-1 » est prévu en Allemagne, combinant R&D, incubateur et site de production, avec une capacité initiale de 10 000 véhicules par an.
À moyen terme, l’objectif affiché est ambitieux : atteindre une production annuelle de 300 000 unités sous trois ans, avec un délai de seulement 28 mois entre le lancement du projet et les premières livraisons.
Croiser des Kosmera à tous les coins de rue n’est pas pour tout de suite. Mais l’annonce est majeure. Elle illustre la montée en puissance des acteurs chinois sur le marché des véhicules électriques. Et si tout peut encore évoluer, le succès récent des voitures Xiaomi – et l’intérêt qu’elles suscitent déjà en Europe – laisse penser que Dreame pourrait suivre une trajectoire similaire. Reste désormais l’épreuve décisive : celle de la route.