Un écran, l’atout qui manque pour faire décoller le marché des bagues connectées ?

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Le constructeur chinois Honor a levé le voile sur sa première bague connectée. Développée en partenariat avec J Ring et encore à l’état de prototype, elle arbore une particularité de taille : elle dispose d’un écran.

Discrètes et faciles à porter la nuit, les bagues connectées se multiplient depuis plusieurs années. Mais elles n’ont jamais réussi à faire trembler les smartwatches et autres bracelets connectés. Pourtant, de plus en plus de marques s’y intéressent, y compris des acteurs grand public bien établis, à l’image de Samsung avec sa Galaxy Ring.

Malgré cela, rien n’y fait : la magie n’opère pas. Les bagues connectées restent confinées à un marché de niche, réservé aux technophiles. Elles ne manquent pourtant pas d’arguments : format miniature, design minimaliste, capteurs en abondance… Elles proposent un suivi de santé complet – activité physique, stress, fréquence cardiaque, qualité du sommeil – et peuvent donc rivaliser avec les montres connectées, à condition d’être reliées à une application mobile.

Et c’est peut-être là tout le problème, la raison pour laquelle – en dehors des prix – le marché des bagues connectées ne parvient pas à décoller : l’obligation de consulter son smartphone pour connaitre ces données. D’où une question : et si ce qui manquait aux bagues connectées se résumait simplement à l’ajout d’un écran ?

Entre prouesse et contraintes

Réunir autant de technologies dans un si petit objet relève déjà de la prouesse technologique. Le format même de la bague impose de faire des compromis pour préserver la compacité, l’esthétique et surtout l’autonomie – un atout majeur face aux montres connectées. C’est du moins la ligne défendue par la plupart des constructeurs.

Pourtant, un acteur bien moins connu et puissant qu’Oura, le leader du marché, ou Samsung, Rogbid a montré la voie fin 2024 avec sa SR08 Ultra, équipée d’un écran. Et la petitesse de ce fabricant chinois est peut-être la raison pour laquelle son produit n’a pas provoqué de séisme sur le marché. Il faudra très certainement attendre que des marques plus plébiscitées se lancent pour que la sauce prenne.

Ça tombe bien, le constructeur chinois Honor a décidé de tenter sa chance en dévoilant sa première bague connectée, conçue en partenariat avec J Ring. Sa particularité ? Elle est dotée d’un écran.

Source : Omar Belkaab – Frandroid

L’écran, un nouvel atout

Encore à l’état de prototype, la bague d’Honor n’a pas révélé toutes ses caractéristiques. On sait néanmoins que son écran est capable d’afficher l’heure, la fréquence cardiaque, le SpO₂ ou encore le score de sommeil – autant de données qui pourraient en faire une alternative crédible aux montres et bracelets connectés.

À noter que l’écran n’est pas tactile en lui-même, contrairement à celui de la Rogbid SR08 Ultra. La navigation se fait via une petite zone tactile adjacente, permettant de faire défiler les informations. Signe que le concept n’est peut-être pas encore abouti ou, au contraire, que cette particularité a été savamment pensée pour éviter les actions involontaires. Avec un écran tactile sur un doigt, le risque d’interactions indésirables avec l’écran est plus grand que sur un poignet.

Dans tous les cas, l’ajout d’un écran change la donne : il permet un accès direct aux données en temps réel, sans passer par le smartphone. De quoi donner aux bagues connectées une utilité immédiate et donc, potentiellement d’élargir leur public.

Un pari risqué mais prometteur

Mais intégrer un écran n’offre pas que des avantages, bien entendu. Le marché étant encore très jeune, les contraintes technologiques demeurent encore nombreuses. Ainsi, la possibilité de consulter des informations directement depuis sa bague peut nuire à la sobriété et la discrétion de l’objet, mais surtout à son autonomie, voire à d’autres fonctionnalités, comme argumentent les constructeurs.

Le fait que la SR08 Ultra annonce une autonomie de 3 à 5 jours, contre près de 12 jours pour l’Oura Ring (Gen 4) dépourvue d’écran, illustre bien le dilemme actuel. L’arrivée d’un acteur de poids comme Honor pourrait néanmoins rebattre les cartes, incitant l’ensemble du secteur à revoir sa copie et à investir dans des technologies spécifiquement pensées pour les anneaux connectés. Reste que la prudence d’Honor, qui a présenté en parallèle une version sans écran, montre que la bague connectée cherche encore son identité avant de convaincre le grand public.

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