Yvan Verougstraete: les négociations budgétaires pour Bruxelles commenceront le 20 janvier

Yvan Verougstraete

Le formateur bruxellois Yvan Verougstraete annonce inviter les partis, qui collaborent depuis le 12 décembre dernier (Les Engagés, PS, Ecolo, DeFI, Groen, Vooruit et CD&V), à lancer de véritables négociations mardi 20 janvier prochain, en vue d’élaborer un projet de budget pour 2026. Il s’agira aussi, a-t-il ajouté, de préparer une liste de décisions urgentes et de réformes essentielles à lancer dès l’année en cours.

Yvan Verougstraete demande aussi au ministre du Budget, l’Open Vld Dirk De Smedt, de venir à la table de négociations pour aider les négociateurs à préparer ce travail, qui vise à limiter le déficit de la Région à maximum un milliard d’euros pour 2026. Ce dernier a confirmé à Belga qu’il accédait à cette demande.

“Cela fait maintenant 19 mois que nous cherchons une solution pour Bruxelles, a justifié le formateur bruxellois dans un communiqué. Dix-neuf mois de rendez-vous manqués et de frustrations pour la population et près de 2 milliards de dette en plus sur la tête des Bruxellois. Cette situation ébranle profondément la confiance des citoyens, des institutions financières et les relations politiques.”

Quel avenir pour Bruxelles ?

A ses yeux, sans changement structurel, c’est l’avenir même de la Région qui est en jeu.

“Face à ce constat, il est plus qu’urgent de passer à l’action et de tenter de trouver un chemin pour mettre en place un gouvernement de plein exercice, seule configuration crédible pour pouvoir relever les défis énormes auxquels notre Région fait face”, a-t-il encore précisé.

Toujours selon le formateur bruxellois, la mise en œuvre de réformes structurelles et la prise de décisions politiques difficiles, dès 2026, est une condition nécessaire pour la réalisation d’un budget 2026 crédible et plus encore pour remettre la Région sur les rails. Ces deux objectifs sont donc “indissociables. Sans réformes structurelles, il est en effet utopique d’espérer revenir sur la trajectoire de l’équilibre budgétaire, que requiert la situation”.

Pour Yvan Verougstraete, “plus vite les négociations seront lancées, plus vite nous saurons s’il est possible de former une majorité capable de les entériner, plus vite le déficit pourra être maîtrisé, plus vite l’équilibre budgétaire pourra être envisagé et la Région pourra retrouver son efficacité au service des citoyens”.

« Un chemin »

Le formateur bruxellois avait proposé lundi aux sept partis approchés pour tenter de former une majorité bruxelloise “un chemin permettant de doter la Région-capitale d’un budget 2026 de plein exercice à même de ramener le déficit à maximum un milliard d’euros, et d’entamer des réformes pour ramener celle-ci plus structurellement sur les rails pour les trois années qui suivent”.

Les différentes formations avaient été invitées à clarifier les conditions avant la fin de la semaine pour pouvoir emprunter ce chemin.

Les partis autour de la table courantes (PS, Ecolo, DéF, Groen et Vooruit), qui font partie du gouvernement en affaires, avaient demandé d’associer les Engagés à la démarche afin de préparer un budget 2026. Le premier accueil des participants à la réunion de lundi avait été plutôt favorable. 

Il y a une date pour déterminer un projet de budget 2026 sans trop attendre: le 5 février prochain. La date du 5 février est aussi énoncée à titre d’échéance pour la définition de “réformes essentielles et décisions urgentes qui doivent être mises en œuvre dès 2026 pour remettre la Région sur pied, à court et moyen terme”.

Le CD&V prêt à soutenir l’installation d’un gouvernement bruxellois sans en faire partie

Le CD&V ne participera pas à la coalition que le formateur Yvan Verougstraete souhaite mettre en place, mais il est prêt à apporter sa signature pour un nouveau gouvernement bruxellois si celui-ci présente un programme de réformes “acceptable”, a déclaré le député démocrate-chrétien flamand Benjamin Dalle.

“Le processus de formation bruxelloise dure désormais depuis 19 mois. Il faut saluer la détermination du formateur Verougstraete, qui poursuit ses efforts pour sortir Bruxelles de l’impasse… Le CD&V a toutefois décidé de ne pas participer à cette coalition et fera le choix d’une opposition responsable. Dans ce cadre, nous nous concentrerons sur les priorités essentielles pour Bruxelles: davantage de sécurité, plus de propreté, une meilleure politique d’activation, une bonne gouvernance et un budget assaini”, a réagi Benjamin Dalle.

Celui-ci a dit espérer que le formateur bruxellois et ses partenaires de coalition accorderont une “attention suffisante” à ces priorités lors de leur conclave. “Si ce conclave débouche sur la formation d’un nouveau gouvernement doté d’un programme de réformes acceptable, le CD&V ne fera pas obstacle à l’installation du gouvernement et signera les actes de présentation. Cela permettra d’éviter que Bruxelles ne reste ingouvernable. Nous prenons cette décision dans l’intérêt de Bruxelles et des Bruxellois”, a insisté M. Dalle.

Celui-ci a encore dit que le CD&V évaluera chaque proposition au Parlement, depuis une “opposition critique et constructive”. “Notre ligne de base est claire: un assainissement structurel d’au moins un milliard d’euros d’ici 2029 est indispensable, de même que des réformes visant une gouvernance plus efficace, davantage de sécurité et de propreté, une meilleure activation des demandeurs d’emploi et un renforcement du bilinguisme”, a-t-il conclu.

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