Le gouvernement fédéral a finalisé mercredi les modalités du plafonnement temporaire de l’indexation automatique des salaires et allocations, une mesure phare de l’accord budgétaire pluriannuel conclu fin novembre.
Le ministre de l’Emploi David Clarinval (MR) a précisé mercredi les contours d’une réforme qui cristallise les tensions entre compétitivité économique et pouvoir d’achat.
L’indexation restera intégralement appliquée pour les salaires jusqu’à 4.000 euros bruts mensuels et les allocations et pensions jusqu’à 2.000 euros bruts. Au-delà de ces seuils, l’indexation sera plafonnée. Le calcul se basera sur le salaire contractuel de base, hors avantages extralégaux, pour garantir une application uniforme.
Une contribution patronale accompagnera cette mesure pour les salaires dépassant 4.000 euros. Ces fonds alimenteront la Gestion globale de l’ONSS, contribuant ainsi à l’équilibre financier de la sécurité sociale.
Un calendrier décalé
Initialement prévue pour 2025, la mesure ne s’appliquera concrètement qu’à partir de 2027 en raison du délai d’approbation parlementaire. Les indexations de janvier et mars 2025 ne seront donc pas touchées. Le plafonnement jouera deux fois: en 2027 et 2028.
Compétitivité versus pouvoir d’achat
Inscrite dans le cadre de la loi de 1996 sur la compétitivité, cette réforme vise à alléger la pression salariale sur les entreprises belges. Le Conseil Central de l’Economie devra en évaluer l’impact lors de l’établissement des marges salariales disponibles pour les futures négociations interprofessionnelles.
Selon David Clarinval, le gouvernement cherche ainsi à concilier protection du pouvoir d’achat des revenus moyens et renforcement de la compétitivité, condition jugée indispensable pour stimuler l’investissement et l’emploi à moyen terme.