La lassitude de Bart De Wever: un budget d’ici Noël ou il pourrait se replier sur Anvers

Prime Minister Bart De Bart De Wever à son arrivée au Palais. BELGA PHOTO ERIC LALMAND
Olivier Mouton
Olivier Mouton Chef news

Le Premier ministre reçu du temps du roi Philippe, qui appelle “tous les partis à prendre leurs responsabilités”. La N-VA ne veut pas des élections. Mais la patience du locataire du Seize est visiblement à bout. “J’ai demandé ‘Sire, donnez-moi cinquante jours, mais cette période ne sera pas prolongée”, a-t-il dit à la Chambre.

Pas de fumée blanche pour le budget. Le Premier ministre, Bart De Wever, est passé par la case Palais et va recevoir du temps pour tenter de trouver un accord, d’ici Noël comme Trends-Tendances l’écrivait voici deux jours.

Le Roi a appelé tous les partis à prendre leurs responsabilités, de façon à ce que le pays dispose d’un budget pour ces prochaines années”. En attendant, la Belgique risque de se retrouver en douzièmes provisoires, avec le budget de l’année précédente automatiquement reconduit.

Avant de se rendre au Palais, le nationaliste avai publié une photo en guise de clin d’œil sur les réseaux, légèrement irrévérencieuse: on le voit annoncer sa visite royale à son célèbre chat Maximus, qui lui répond: “Le roi est déjà à côté de toi”, avec un lion en peluche à ses côtés…

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De Wever à La Chambre

Bart De Wever a ensuite eu un accueil finalement respectueux en séance plénière de la Chambre. “A mon grand regret, j’ai dû annoncer au Roi qu’aucun accord n’a pu être trouvé. Nous nous trouverons en douzièmes provisoires pour le premier trimestre. En outre, des réformes importantes ne peuvent pas être présentées et examinées.”

“Ce gouvernement aurait pu choisir la facilité et ne discuter que le budget pour 2026”, ajoute-t-il. Mais ce pays a besoin de “réformes approfondies, ce qui nécessite des décisions budgétaires importantes”. Il n’y a pas d’autres choix. There’s no alternative.

Le Premier ministre souligne la difficulté avec cinq partis de différentes communautés du pays. “Mais le moment est venu de choisir. J’ai demandé: ‘Sire, donnez-moi cinquante jours’. Mais cette période ne sera pas prolongée.”

Le locataire du Seize est las, voire exaspéré: il fait pression pour trouver dix milliards d’euros supplémentaires, mais toutes les pistes sont balayées les unes après les autres, singulièrement par le MR et Vooruit: le saut d’index et hausse de la TVA sont les exemples les plus marquants…

Selon la presse flamande, il n’était pas question pour lui de démissionner pour l’instant, mais si rien ne bouge d’ici Noël, il pourrait envisager de se replier sur sa chère ville d’Anvers, qui lui manque.

Pas forcément d’élections anticipées, mais un gouvernement remanié avec un autre Premier ministre? On imagine combien certains pourraient être tentés, même si la tâche s’annonce périlleuse – et le sera davantage si la N-VA est écœurée.

“Le pays a besoin de stabilité”

Mercredi soir, le président du MR, Georges-Louis Bouchez, en appelait au “sang froid” affirmant: “Du calme, le gouvernement sera toujours là en 2029“. Avec un libéral, voire lui, à sa tête?

“Le pays a besoin de stabilité, clame Jean-Luc Crucke (Engagés). Nous devons donner confiance aux gens dans une situation budgétaire extrêmement difficile et pas commencer à prendre des attitudes avant-gardistes sur le plan électoral.”

Cette séquence est peut-être une dramatisation assez habituelle dans ce genre de confection épineuse d’un budget douloureux.

Jean-Luc Dehaene et Elio Di Rupo, en leur temps, ont vécu cela aussi. Mais le contexte, cette fois, est peut-être plus délicat avec un nationaliste flamand au Seize.

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