Catastrophes naturelles : le recul de 2025 cache une tendance inquiétante

LOS ANGELES, CALIFORNIA - JANUARY 8: A firefighter watches the flames from the Palisades Fire burning homes on the Pacific Coast Highway amid a powerful windstorm on January 8, 2025 in Los Angeles, California. The fast-moving wildfire has grown to more than 2900-acres and is threatening homes in the coastal neighborhood amid intense Santa Ana Winds and dry conditions in Southern California. (Photo by Apu Gomes/Getty Images)

Les pertes mondiales liées aux catastrophes naturelles ont chuté de 40% en 2025, à 224 milliards de dollars. Bonne nouvelle ? Pas vraiment.

Les pertes mondiales liées aux catastrophes naturelles ont fortement reculé en 2025, à 224 milliards de dollars, selon le réassureur Munich Re. Ce montant est en baisse de près de 40% par rapport à 2024, grâce à l’absence d’ouragan touchant les côtes des États-Unis pour la première fois depuis dix ans. Sur ce total, 108 milliards de dollars de pertes étaient assurées, un chiffre lui aussi en net recul. Le concurrent Swiss Re a observé un recul comparable, évaluant en décembre les pertes économiques mondiales à 220 milliards de dollars.

Malgré cette baisse, Munich Re juge le tableau d’ensemble “alarmant” dans son rapport annuel. Au-delà des catastrophes majeures comme les séismes ou les ouragans, ce sont désormais les inondations locales, tempêtes et feux de forêt qui pèsent le plus lourdement. Ces événements ont représenté 166 milliards de dollars de pertes totales l’an dernier, dont 98 milliards assurés, dépassant les moyennes hors inflation des dernières décennies.

Los Angeles, catastrophe la plus coûteuse

L’exemple le plus frappant reste les incendies dévastateurs de Los Angeles en janvier 2025, qui ont causé 53 milliards de dollars de dégâts, dont 40 milliards assurés. Il s’agit de “loin la catastrophe naturelle la plus coûteuse de l’année”, selon le réassureur.

“La planète a de la fièvre et, par conséquent, nous observons une accumulation d’événements météorologiques sévères et intenses”, explique Tobias Grimm, climatologue en chef chez Munich Re.

Cette mise en garde intervient tandis que le discours climatosceptique s’est renforcé, notamment aux États-Unis depuis l’élection de Donald Trump, et que l’Union Européenne a revu à la baisse ou retardé certaines mesures destinées à verdir l’économie, au nom de la compétitivité et de la sauvegarde des emplois.

Pour Munich Re, les faits restent clairs. Tant que “le point de bascule pour les émissions de gaz à effet de serre n’a pas encore été atteint, la Terre continue de se réchauffer”, souligne Tobias Grimm. “Plus de chaleur signifie plus d’humidité, des précipitations plus intenses et des vents plus forts”, ce qui fait que le changement climatique “contribue déjà aux phénomènes météorologiques extrêmes”.

Deux visages pour 2025

L’année 2025 a montré “deux visages”, selon le climatologue. Le premier semestre a été la période “la plus coûteuse jamais enregistrée pour l’industrie de l’assurance”, tandis que le second semestre a connu “les pertes les plus faibles depuis dix ans”.

Outre les incendies californiens, un séisme dévastateur fin mars en Birmanie a causé 12 milliards de dollars de pertes, très faiblement assurées.

Les États-Unis, même épargnés par les ouragans, ont concentré la part la plus importante des pertes financières dans le monde, avec 118 milliards de dollars. Dans ce total, 88 milliards étaient assurés, témoignant d’un haut niveau de couverture du risque et de la forte valeur des biens exposés. Climate Central, organisation américaine à but non lucratif agrégeant des données sur le changement climatique, a décompté un montant similaire de 115 milliards de dollars de pertes dans ce pays.

17.200 décès dans le monde

Les catastrophes naturelles ont causé quelque 17.200 décès dans le monde, principalement en Asie-Pacifique et en Afrique, selon Munich Re. Un chiffre supérieur à celui de 2024, qui affichait 11.000 décès, mais qui reste bien en-deçà de la moyenne sur trente ans de 41.900 morts. “Les mesures de prévention des risques commencent à produire des effets”, conclut Tobias Grimm.

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