Plus endurantes, même avec la recharge rapide : les bonnes surprises des batteries des voitures électriques

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Jennifer Mertens

Prix d’achat, contraintes liées à l’autonomie, disponibilité des bornes : les freins à l’adoption de la voiture électrique restent nombreux. À ces inquiétudes s’ajoute souvent la crainte d’une usure prématurée de la batterie, notamment en cas de recours fréquent à la recharge rapide. Une préoccupation légitime, mais largement nuancée par les dernières données du secteur.

Les batteries des véhicules électriques actuels se révèlent plus robustes que prévu, y compris lorsqu’elles sont soumises à des cycles de recharge rapide, selon une étude récente menée par Geotab, spécialiste des solutions télématiques. Une bonne nouvelle, tant pour les particuliers que pour les gestionnaires de flottes – et pour la valeur de revente des véhicules.

Une dégradation maîtrisée sur la durée

La dégradation moyenne des batteries s’établit à 2,3 % par an, ce qui signifie qu’un véhicule conserve encore environ 82 % de sa capacité initiale après huit ans d’utilisation, indique l’étude sur base de l’analyse d’un échantillon de plus de 22 700 véhicules électriques, couvrant 21 modèles différents. Autrement dit, elles durent encore largement plus longtemps que les cycles de remplacement prévus par la plupart des flottes. 

Un chiffre en hausse par rapport à 2023, où la dégradation moyenne observée atteignait 1,8 % par an. Mais cette évolution ne traduit pas un affaiblissement technologique. Elle s’explique surtout par l’essor de la recharge rapide à haute puissance, l’arrivée de nouvelles générations de véhicules et des usages plus intensifs, notamment dans les flottes professionnelles.

Recharge rapide : un impact réel, mais mesuré

Contrairement à certaines idées reçues, la recharge rapide n’est pas synonyme de dégradation brutale. Son impact existe, mais reste contenu. Selon Geotab, les véhicules dont la recharge repose majoritairement sur des bornes rapides en courant continu (DC) à plus de 100 kW affichent une dégradation moyenne d’environ 3 % par an.

À l’inverse, les véhicules se rechargeant principalement en courant alternatif (AC) ou à plus faible puissance voient leur batterie se dégrader à un rythme bien plus modéré, proche de 1,5 % par an.

La puissance de recharge est donc bien un facteur déterminant, mais loin d’être catastrophique. « L’analyse indique que la puissance de recharge constitue aujourd’hui le facteur opérationnel le plus influent sur la santé des batteries », souligne Geotab, tout en rappelant que le modèle du véhicule, les profils d’utilisation et le climat jouent également un rôle significatif.

Climat, usage et niveau de charge : des effets secondaires

La puissance de recharge constitue aujourd’hui le facteur opérationnel – bien qu’inférieur dans la réalité à ce que l’on croit – le plus déterminant pour la santé des batteries. Pour autant, le modèle du véhicule, les profils d’utilisation et le climat influencent, eux aussi, sensiblement la durabilité des batteries des voitures électriques. Les véhicules circulant dans des régions chaudes affichent ainsi une dégradation annuelle supérieure d’environ 0,4 % par rapport à ceux évoluant dans des climats tempérés.

Les données recueillies remettent par ailleurs en question la nécessité d’appliquer des règles de recharge quotidienne trop strictes. Les véhicules utilisant régulièrement une large plage de charge (au-delà de la règle des 20–80 %) ne présentent pas de dégradation significativement plus élevée, sauf lorsqu’ils demeurent fréquemment et entièrement chargés ou, à l’inverse, presque totalement déchargés.

À noter que la dégradation demeure un phénomène naturel, qui se traduit par une diminution progressive de la capacité de stockage d’énergie. « Les batteries commencent leur cycle de vie avec un état de santé (SOH pour “state of health”) de 100 % et se dégradent au fil du temps. Une batterie de 60 kWh fonctionnant à 80 % de SOH se comporte en réalité comme une batterie de 48 kWh », explique Geotab.

Autrement dit, la batterie n’est plus le maillon faible, à condition d’adapter les usages. Dimensionner la puissance de recharge aux besoins réels, réserver la recharge rapide aux situations critiques, tenir compte du climat et éviter les stationnements prolongés à charge extrême permettent de préserver durablement l’actif le plus coûteux du véhicule électrique.

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