Le feuilleton du rachat de Warner Bros. Discovery semble toucher à sa fin. Le conseil d’administration du groupe américain a, une nouvelle fois, rejeté l’offre hostile de Paramount, jugeant celle-ci toujours inférieure à la proposition concurrente portée par Netflix.
Les assurances financières de Larry Ellison, deuxième fortune des États-Unis et fondateur d’Oracle, n’auront pas suffi. Le conseil d’administration de Warner Bros. Discovery a rejeté, pour la seconde fois, la proposition de rachat portée par le consortium Paramount Skydance, confirmant de ce fait l’avance de celle de Netflix.
Pourtant adossée à une garantie personnelle de 40,4 milliards de dollars fournie par Larry Ellison – sous forme de financement en fonds propres afin de sécuriser une opération entièrement en numéraire -, la proposition de Paramount Skydance n’a pas convaincu la direction de Warner. Selon celle-ci, l’offre demeure financièrement moins attractive et moins aboutie que celle de Netflix.
Offre peu sérieuse
Dans une lettre adressée mercredi à ses actionnaires, le conseil d’administration de Warner Bros. Discovery se montre particulièrement sévère : « Paramount Skydance a omis à plusieurs reprises de soumettre la meilleure proposition possible aux actionnaires de WBD, malgré des instructions claires concernant les lacunes identifiées et les solutions envisageables. »
Le conseil poursuit en soulignant la répétition des mêmes insuffisances malgré de nombreux échanges : « Le conseil d’administration, l’équipe de direction et nos conseillers ont longuement dialogué avec les représentants de PSKY et leur ont fourni des indications précises pour améliorer chacune de leurs offres. Pourtant, PSKY a continué de soumettre des propositions comportant encore nombre des faiblesses signalées, faiblesses qui ne figurent en aucun cas dans l’accord de fusion avec Netflix, tout en affirmant que ses offres n’étaient ni définitives ni optimales. »
Netflix poursuit sa route… sous surveillance réglementaire
Sauf rebondissement majeur, Netflix semble désormais en pole position pour mettre la main sur le catalogue particulièrement convoité de Warner Bros. Discovery. Le géant du streaming a d’ailleurs confirmé avoir entamé des discussions avec le département américain de la Justice ainsi qu’avec la Commission européenne, afin d’anticiper les préoccupations antitrust liées à l’opération.
Car si un accord industriel et financier a bien été trouvé entre les parties – pour 83 milliards de dollars -, le dernier obstacle reste réglementaire. Les autorités de la concurrence pourraient encore, en théorie, freiner – voire faire capoter – une fusion qui redessinerait en profondeur le paysage mondial du divertissement et du streaming.