La firme aux grandes oreilles s’apprête à changer de grand patron. Son PDG actuel, Bob Iger, a annoncé le nom de son successeur : Josh D’Amaro. Ce dernier prendra les rênes de Disney dès le mois de mars prochain et devra faire face à une série de défis stratégiques majeurs.
Disney s’apprête à écrire une nouvelle page de son histoire avec cette transition à sa tête. Et le groupe n’a pas eu à chercher bien loin pour désigner son futur dirigeant. Josh D’Amaro occupe depuis 2020 le poste de responsable des parcs et croisières du groupe, après avoir rejoint Disney en 1998. Un pur produit de la maison, donc.
Ce choix peut tout de même surprendre dans un univers de plus en plus dominé par les médias numériques et le streaming. Pourtant, les performances financières de la division Expériences, qui regroupe parcs à thèmes, complexes hôteliers et croisières, plaident clairement en faveur de Josh D’Amaro.
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Depuis qu’il en a pris la direction, cette activité est devenue la plus rentable du groupe. Lors de la dernière publication des résultats trimestriels, lundi, la division a enregistré un chiffre d’affaires record de 10 milliards de dollars, porté par une hausse de 1 % de la fréquentation des parcs américains et une progression de 4 % des dépenses par visiteur.
Un environnement nettement plus instable
Reste que prendre la tête de la société de divertissement la plus emblématique au monde ne sera pas de tout repos. Le nouveau PDG devra composer avec un environnement particulièrement complexe : le déclin structurel de la télévision linéaire, des parcs toujours florissants mais exposés à des tensions politiques et à la baisse du tourisme international, une concurrence de plus en plus agressive dans le streaming, sans oublier les bouleversements créatifs et industriels que l’intelligence artificielle est en train de provoquer.
Les deux derniers points sont d’ailleurs sans nulle doute les plus gros défis auxquels sera confronté le nouveau patron de Disney.
Streaming : un dossier explosif
Dans un marché du streaming déjà sous tension, l’hypothèse de voir Netflix mettre la main sur le catalogue de Warner Bros. constitue une menace majeure pour l’équilibre du secteur. En tant que concurrent direct, Disney pourrait faire part de ses inquiétudes au Department of Justice, chargé d’examiner toute opération susceptible de poser un problème de concurrence.
Le groupe pourrait notamment alerter sur les risques liés à l’émergence d’un acteur combinant plateforme de streaming, studio de cinéma et franchises majeures, ainsi que sur les conséquences possibles en matière de distribution, de négociation avec les talents ou de fixation des prix. Pour l’heure, Disney n’a toutefois pas communiqué publiquement sa position.
Intelligence artificielle : une équation encore floue
En parallèle, l’IA monte en puissance. Disney en est pleinement conscient, comme en témoigne son partenariat de trois ans avec OpenAI. Mais les contours de cette collaboration restent largement inconnus.
L’afflux croissant de contenus synthétiques, les questions de droits d’auteur et l’impact de l’IA sur les métiers créatifs constitueront sans doute l’un des grands défis du mandat de Josh D’Amaro.
S’il a démontré son savoir-faire en parvenant à renforcer l’engagement des fans et à maximiser la valeur des parcs d’attractions, Josh D’Amaro opérait jusqu’ici dans l’ombre de Bob Iger, rappelle Yahoo. Exercer ce leadership à l’échelle de l’ensemble du groupe, sans figure tutélaire au-dessus de lui, pourrait s’avérer plus complexe.
Du côté des investisseurs, l’annonce n’a pas provoqué de secousse majeure. Le titre Disney a toutefois reculé de un peu plus de 1 % à l’ouverture de Wall Street, signe d’une attente prudente face à une transition stratégique cruciale pour l’avenir du groupe.
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