À quoi ressemblerait votre entreprise sans les immigrés? L’Europe face à l’enjeu économique de l’immigration

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© Getty Images
Mailys Chavagne
Mailys Chavagne Journaliste

L’immigration est au cœur des débats politiques en Europe. Tandis que des pays comme l’Italie, les Pays-Bas et plus récemment l’Allemagne voient les partis d’extrème droite gagner du terrain, d’autres refusent de céder à cette tendance. Mais au-delà des discours idéologiques, une réalité s’impose: l’immigration est un moteur économique essentiel.

Les débats européens oscillent entre le renforcement des politiques migratoires restrictives et la reconnaissance de l’importance de l’immigration pour l’économie. Deux exemples récents, en Allemagne et en Espagne, soulignent cette seconde approche. En Allemagne, une campagne sur les réseaux sociaux veut sensibiliser à l’impact de l’absence des travailleurs immigrés dans plusieurs secteurs-clés. En Espagne, le gouvernement souhaite adopter une politique migratoire réfléchie et en accord avec la réalité économique du pays.

Le cas allemand: mettre en scène l’absence des immigrés

En Allemagne, le parti d’extrême droite AfD a percé lors des dernières élections. Après avoir obtenu 20,8 % des suffrages, le parti est ainsi devenu la deuxième force politique du pays. Un choc pour la population… En réponse, plusieurs secteurs ont décidé de montrer à quoi ressemblerait le pays sans les immigrés.

Des hôpitaux, des maisons de retraite, des restaurants et d’autres établissements ont mis en scène les conséquences de la disparition des immigrés dans leurs services. Sur les réseaux, ils ont regroupé tout leur personnel, avant de demander aux personnes issues de l’immigration de sortir du cadre. Le résultat est parlant: dans la plupart des cas, il ne reste presque plus personne sur la photo.

Avec une population vieillissante et une pénurie de travailleurs qualifiés, l’Allemagne doit, en effet, composer avec une réalité incontournable: sans immigration, certains services essentiels s’effondreraient.

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Le cas espagnol: défendre une immigration contrôlée et bénéfique

De son côté, l’Espagne a connu une croissance économique notable, supérieure à celle d’autres grandes économies mondiales. Une réussite largement attribuée à l’immigration, selon certains.

Le Premier ministre Pedro Sánchez a d’ailleurs signé des accords avec plusieurs pays d’Afrique afin de gérer les flux migratoires « de manière humaine, sûre et ordonnée ». L’objectif: permettre à des travailleurs saisonniers de venir en Espagne légalement. Cette stratégie répond à la fois aux besoins du marché du travail et à la nécessité de proposer des voies légales et sécurisées pour les migrations.

« La contribution des travailleurs migrants à notre économie, notre système social ou à la soutenabilité des retraites, est fondamentale. Pour l’Espagne, la migration est synonyme de richesse, de développement et de prospérité », a-t-il souligné.

Le cas belge: une immigration nécessaire à la prospérité

La Belgique aussi tire de nombreux bénéfices économiques de l’immigration. Sans entrer dans les détails – que l’on vous explique dans cet article -, le Belge moyen serait gagnant sur tous les tableaux:

  • En tant que contribuable: les immigrés bénéficient de certains avantages sociaux, mais ils paient aussi des impôts.
  • En tant que travailleur: le salaire mensuel des Belges serait supérieur grâce à l’immigration.
  • Et en tant que consommateur: l’immigration apporte une grande diversité de produits. De quoi stimuler la concurrence, et donc entraîner une baisse des prix.

« Ensemble, ces trois aspects combinés font que l’immigration rapporte en moyenne 19 euros par mois au Belge », révélait-on dans notre article.

Dans un contexte européen où la gestion de l’immigration reste un défi majeur – entre tensions politiques et nécessités économiques -, ces initiatives démontrent qu’une approche réfléchie de la migration reste essentielle. Le débat est donc loin d’être clôt.

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