La Belgique ne pourra pas accueillir de nouvelle centrale nucléaire avant 2039, et c’est plutôt problématique

A priori, seuls Doel et Tihange pourraient accueillir de nouveaux réacteurs nucléaires. © Arterra/Philippe Clement/Universal Images Group via Getty Images

La Belgique n’accueillera pas de nouvelle centrale nucléaire de sitôt. Selon une étude commandée par Elia, il faudra attendre 2039 avant que la construction soit achevée. Et c’est dans le meilleur scénario, loin d’être le plus probable.

Préparation du site, approbation des permis, conclusion d’un contrat avec un exploitant, sécurisation des financements, chantier, … Les étapes vers la construction de nouvelles centrales nucléaires en Belgique sont nombreuses. Et semées d’embûches. Selon une étude commandée par le gestionnaire du réseau à très haute tension Elia au bureau d’ingénierie Tractebel (Engie), l’échéance la plus optimiste se situe en 2039, rapporte L’Echo. Dans ce scénario, le gouvernement lancerait le projet cette année et il n’y aurait aucun retard. C’est peu probable.

D’après l’étude, il est plus probable que la mise en service de nouvelles centrales nucléaires attende 2042, voire 2044.

La Belgique face à un grand défi

Ces longs délais posent un sérieux problème. Avec l’électrification croissante des usages, Elia estime que la Belgique devra disposer de 4,4 gigawatts de production supplémentaire d’ici 2035.

Pour rappel, les deux derniers réacteurs nucléaires du pays, Tihange 3 et Doel 4, doivent théoriquement être arrêtés en 2035. Selon l’étude, une prolongation de dix ans pourrait combler près de la moitié du déficit d’approvisionnement.

Depuis bientôt un an, le gouvernement Arizona clame être pro-nucléaire. Son ministre de l’Energie, Mathieu Bihet (MR), dit vouloir construire de nouvelles centrales (grandes et petites) et prolonger tout ce qui peut l’être : les réacteurs encore en activité, mais aussi ceux arrêtés cette année (Doel 1, Tihange 1, Doel 2).

Concernant les grands réacteurs (+ de 1 GW) à eau pressurisée, Tractebel estime qu’il est préférable d’en construire deux ou trois sur le même site. Cela permettrait d’abaisser les coûts. L’étude indique que seuls deux sites remplissent les conditions pour les accueillir : Doel et Tihange, suppose L’Echo.

Pour les mini-réacteurs modulaires (SMR), l’étude identifie sept à huit sites potentiels. Là, les délais sont un peu moins longs. La Belgique pourrait en accueillir un premier en 2035. A nouveau, il s’agit du scénario le plus optimiste : lancement du projet début 2026 et pas de retard. Il est plus probable qu’il faille miser sur 2037, voire 2039.

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