Charles Michel sonne "la fin de la récréation pour la Grèce"

10/06/15 à 16:51 - Mise à jour à 11/06/15 à 10:46

Source: Belga

Le premier ministre, Charles Michel, a déclaré que "la fin de la récréation a sonné pour la Grèce", en arrivant au sommet de l'UE et de la Communauté d'Etats latino-américains et Caraïbes (CELAC) à Bruxelles, mercredi après-midi.

Charles Michel sonne "la fin de la récréation pour la Grèce"

Charles Michel © Belga

L'urgence de la question grecque éclipse l'entame des échanges prévus entre les dirigeants européens, latino-américain et caribéens. Charles Michel a tenu un discours ferme à l'égard de la Grèce en arrivant au sommet EU-CELAC. "Nous avons été patients, nous attendons maintenant des engagements concrets de la Grèce", a-t-il déclaré, invitant alors le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, à prendre ses responsabilités après cinq mois à la tête du pays.

Admettant être lassé de la situation, Charles Michel, a souligné que la Belgique était le sixième créancier de la Grèce et se portait garant de 7,2 milliards d'euros de sa dette. Il n'a pas exclu que des contacts informels aient lieu avec Alexis Tsipras en marge du sommet EU-CELAC. Il est aussi question que les dirigeants allemand et français s'entretiennent avec leur homologue grec.

Tous deux ont d'ailleurs fait part de la même impatience que Charles Michel à leur arrivée à Bruxelles. La chancelière allemande, Angela Merkel, a estimé qu'une issue aux négociations sur la dette grecque était possible, car "quand on veut, on peut", "mais chaque jour compte", a-t-elle souligné.

Le président français, François Hollande, a également insisté pour "aller vite" afin de dégager un accord avec les créanciers de la Grèce. "Nous n'aurons qu'un seul message: il faut maintenant aller vite, ne pas laisser traîner, ne pas laisser penser à des solutions qui seraient mauvaises et pour la Grèce, et pour l'Union européenne, et pour la zone euro".

La Commission européenne a fait savoir mercredi qu'elle n'était pas satisfaite des nouvelles propositions présentées la veille par les autorités grecques pour permettre le déboursement d'une aide financière vitale pour le pays, à court d'argent. D'un accord sur les réformes à mettre en place en Grèce dépend le déboursement de 7,2 milliards d'euros, promis à Athènes et en suspens depuis des mois. Les créanciers, UE et FMI, doivent donner leur feu vert puis les 19 pays de la zone euro, à l'unanimité.

"Aller chercher la croissance" sur les marchés latino-américains

Charles Michel a par ailleurs fait part de son souhait "d'aller chercher la croissance là où elle se trouve". Il a d'ailleurs rencontré au préalable la présidente brésilienne, Dilma Rousseff. Leur échange a été axé sur l'expertise belge en matière d'infrastructure qui peut s'avérer utile au Brésil dans ses projets d'investissements.

Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne rencontrent mercredi et jeudi leurs homologues de 33 pays de la Communauté d'Etats latino-américains et caraïbes (CELAC). Les échanges porteront durant ces deux jours sur l'avenir commun des deux régions qui représentent ensemble près d'un tiers du PIB mondial.

En arrivant au sommet EU-CELAC, le Premier ministre Charles Michel a rappelé que bon nombre d'entreprises belges ont déjà pu intégrer les marchés sud-américains. Il a estimé qu'il était important d'avoir un lien direct avec ces pays, notamment pour "aller chercher le développement économique là où il se trouve". C'est d'ailleurs pourquoi le Premier ministre s'est entretenu avec la présidente brésilienne, Dilma Rousseff - à la demande de celle-ci, assure l'entourage du Premier ministre.

Les discussions ont porté sur l'expertise que la Belgique peut partager avec le Brésil en matière d'infrastructure. Le géant brésilien compte en effet se lancer dans des chantiers importants dans son réseau ferroviaire et portuaire. Les entreprises belges sont prêtes à partager leur expertise "knowhow" pour ces investissements brésiliens prévus en matière de logistique et de réseau, a laissé entendre Charles Michel. Il a souligné que la Belgique demeurait un partenaire stratégique pour le Brésil en tant que porte d'entrée vers l'Europe.

Les deux dirigeants ont également évoqué les activités du brasseur AB-Inbev, la préparation des Jeux Olympiques 2016 à Rio, ainsi que la crise grecque ou les relations avec Cuba et la Russie.

Le Premier ministre a entamé son échange avec Mme Rousseff en mentionnant les travaux de l'ONG mise sur pied par ses beaux-parents dans la région d'Olinda pour venir en aide aux orphelins.

L'entourage de Charles Michel confirme une discussion constructive "avec le pays le plus prestigieux du sommet EU-CELAC".

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