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Radionomy avalée par Vivendi : voici pourquoi

17/12/15 à 19:29 - Mise à jour à 20:31

La start-up belge, leader mondial de la radio sur Internet, vient de vendre 64,4% de son capital à Vivendi, géant français des médias. La start-up belge cherchait de l'argent frais pour continuer son développement... mais a finalement préféré se vendre.

Radionomy avalée par Vivendi : voici pourquoi

© capture d'écran Radionomy.com

Ces dernier temps, le groupe français Vivendi continue son expansion dans l'univers des médias et du divertissement. Il s'est notamment renforcé en septembre dans les éditeurs de jeux Ubisoft et Gameloft. Mais ce n'est pas tout. Il vient aujourd'hui de prendre une part majoritaire dans Radionomy, pépite belge active dans la radio digitale. Vivendi et Radionomy ont finalisé aujourd'hui l'acquisition de 64,4% de la start-up par le géant français des médias (Canal+ etc) après de longues semaines de reports. Le montant n'est évidemment pas dévoilé, mais on parle plus que probablement de plusieurs dizaines de millions...

Croissance très tactique

Une surprise alors que la start-up s'est employée ces dernières années à se faire un nom et à se hisser à la première place mondiale de la radio online. Son fondateur et CEO Alexandre Saboundjian a, de fait, bien mené sa barque alors qu'en 2008, quand il a fondé Radionomy, certains le prenaient pour un fou. Les années ont montré que l'homme est plus précurseur que fou. Il est aussi un bon tacticien. Outre diverses augmentations de capital (jusqu'en 2012, la firme avait levé 5 millions d'euros, avant d'engranger 6 millions supplémentaires en juillet 2014 dans sa structure Radionomy Group sise aux Pays-Bas), Radionomy a fusionné en 2013 avec Targetspot, une régie de publicité audio sur le Net. Un joli coup puisque cette régie américaine rassemblait 80 médias incontournables outre-Atlantique comme CBS Radio, Last.fm encore Yahoo Music. Soit plus de 45 % des auditeurs en ligne aux Etats-Unis où Pandora, principal gros concurrent, est très puissant.

Tactiquement, Radionomy a également procédé à un rachat inédit au tout début de 2014 : le "petit Belge" a avalé la société américaine Nullsoft qui se trouve derrière les marques Shoutcast et Winamp, deux noms connus dans le milieu. Ce rachat a fait aussi entrer AOL dans le capital de la start-up belge. Mais surtout, cette reprise a permis à la firme belge de 75 personnes (dont 35 aux Etats-Unis) de prendre la place de leader mondial de la radio sur le Net. Shoutcast détenait, en effet, 55.000 radios Web qui sont venues s'ajouter aux 10.000 radios de Radionomy. La combinaison des deux assure à la firme belge une part de marché de l'ordre de 50 % au niveau mondial et un accès à un nombre considérable d'auditeurs. En 2013, Radionomy réalisait un chiffre d'affaires supérieur à 10 millions d'euros selon le patron Alexandre Saboundjian.

Concurrence accrue

Le développement rapide de Radionomy nécessitait, évidemment de l'argent frais. Car il y a malgré tout de la concurrence, notamment avec Pandora (un gros acteur américain de la radio online) et avec le streaming musical sur le net (Spotify, Dezzer, Apple Music...) qui ne cesse de grimper. La "petite belge" n'avait-elle plus les reins assez solides pour assurer seule la progression dans un univers hyper compétitif? Visiblement pas. Et, comme Trends-Tendances l'avait déjà écrit en mars 2015, la société était en recherche de financement à hauteur de 10 millions de dollars. Pour cela, elle avait mandaté une banque française. Dans le cadre de cette levée de fonds importante, il semble que l'option d'une cession d'activité ait, finalement, été préférée. Sans doute le bon moment, pour le fondateur (et les actionnaires), de vendre. Et qu'il s'agisse d'un groupe comme Vivendi a du sens. Selon nos confrères du Figaro, l'objectif de Vincent Bolloré, patron de Vivendi, serait de "constituer un groupe audiovisuel intégré qui distribuerait des contenus grâces aux télécoms". Et il en a les moyens : on parle de 9 milliards d'euros de liquidités. Bien sûr, l'acquisition de Radionomy ne serait qu'un pion dans une stratégie beaucoup plus globale. Mais elle fait sens.

Christophe Charlot

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