Remplacement du F-16: Boeing dénonce des règles biaisées et jette l'éponge

19/04/17 à 12:07 - Mise à jour à 12:07

Source: Belga

Le groupe aéronautique et de défense américain Boeing, constructeur du chasseur-bombardier F/A-18 E/F Super Hornet, a annoncé mercredi qu'il ne participerait à la compétition lancée par le gouvernement belge pour choisir un nouvel avion de combat destiné à succéder aux F-16 vieillissants au cours de la prochaine décennie, en dénonçant des règles du jeu biaisées.

Remplacement du F-16: Boeing dénonce des règles biaisées et jette l'éponge

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"Boeing a informé le gouvernement belge qu'il ne participerait pas à la conférence des soumissionnaires aujourd'hui (mercredi) et qu'il ne répondrait pas à l'appel d'offres pour un nouveau chasseur" - le "Request for Governmental Proposal", RfGP) adressé le mois dernier par le ministère de la Défense à cinq agences étatiques, deux américaines et trois européennes - représentant chacune un type d'avion, indique-t-il dans un communiqué adressé à l'agence Belga.

"Nous regrettons qu'après avoir examiné la demande, nous ne voyons pas l'opportunité de concourir avec des règles du jeu véritablement équitables avec le Super Hornet F/A-18", ajoute le groupe, qualifiant son appareil d'"extrêmement capable" pour son rapport coût-efficacité.

"Cette décision permet à Boeing de concentrer ses efforts et ses moyens sur le soutien de nos clients de par le monde, d'obtenir de nouvelles commandes et d'investir dans la technologie et les systèmes requis pour faire face aux menaces d'aujourdhui et de demain. Lorsqu'il il y a une compétition pleine et ouverte, nous attendons avec impatience d'apporter la totalité et l'ampleur de The Boeing Company à notre offre", a affirmé le vice-président de Boeing chargé des ventes mondiales dans le domaine de la stratégie, de la défense, de l'espace et de la sécurité (BDS), Gene Cunningham, cité par le communiqué.

La décision de Boeing limite de facto à quatre le nombre de concurrents possibles pour ce marché d'un montant initial de 3,573 milliards d'euros pour l'achat de 34 nouveaux avions de combat, tout en sachant que le coût total sur la durée de vie du futur chasseur - estimée à 40 ans - et la fin de vie des F-16 vieillissants s'élève à une quinzaine de milliards d'euros.

Le gouvernement a approuvé le 17 mars l'envoi d'un appel d'offres - un document de 247 pages - pour trouver un successeur aux chasseurs-bombardiers F-16. Le ministère de la Défense a dans la foulée adressé ce RfGP à cinq agences étatiques, trois européennes et deux américaines, en leur demandant de répondre d'ici le 7 septembre à un long et complexe questionnaire et de rentrer leurs dernières propositions chiffrées pour le 14 février 2018.

Cet appel d'offres a été envoyé aux agences étatiques représentant les cinq avions candidats: l'US Navy Program Manager Air 265 pour le F/A-18 E/F Super Hornet de Boeing, le Joint Program Office (JPO) pour le F-35 Lightning II de Lockheed Martin, la Direction générale de l'Armement (DGA, dépendant du ministère français de la Défense), pour le Rafale F3R de Dassault, la Swedish Defence Material Administration (FMV) pour le Saab JAS-39 E Gripen et le ministère britannique de la Défense (MoD) pour l'Eurofighter Typhoon.

Le gouvernement Michel a fait du remplacement des 54 F-16 actuels - dont les plus anciens sont entrés en service au début des années 1980 - une priorité de sa politique en matière de Défense, avec une signature de contrat attendue au plus tard début 2019.

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