Qui est Li Yonghong, le mystérieux Chinois qui a racheté l'AC Milan pour 740 millions ?

14/04/17 à 13:41 - Mise à jour à 13:40

Source: Afp

L'AC Milan est officiellement chinois. Plus de 30 ans après le début de l'ère Silvio Berlusconi, marquée par 29 trophées dont cinq Ligues des Champions, le prestigieux club italien a été racheté jeudi pour 740 millions d'euros par des investisseurs chinois, menés par le mystérieux Li Yonghong.

Qui est Li Yonghong, le mystérieux Chinois qui a racheté l'AC Milan pour 740 millions ?

Li Yonghong © AFP

Le grand Milan vient ainsi allonger la liste des formations européennes qui ont attiré des capitaux venus de Chine, après son frère ennemi de l'Inter ou, en Espagne, l'Atletico Madrid. Pour le club rouge et noir, c'est un nouvel âge qui s'ouvre mais il est plein de flou et d'incertitudes.

Li Yonghong, nouveau président de l'AC Milan après 31 ans d'ère Berlusconi, a expliqué vendredi ressentir "une grande responsabilité" au moment d'ouvrir "un nouveau chapitre de l'histoire légendaire du Milan".

"Aujourd'hui est un jour important. Nous ouvrons un nouveau chapitre de l'histoire légendaire du Milan", a déclaré Li Yonghong lors de sa première conférence de presse en tant que président du club lombard.

"Nous avons une grande responsabilité envers tous les tifosi et nous voulons aller au-delà de leurs attentes", a-t-il ajouté en chinois, lisant un texte préparé.

"Je veux surtout remercier Silvio Berlusconi et Fininvest pour la confiance placée en nous. Milan est l'un des meilleurs clubs du monde, avec 118 ans d'histoire glorieuse. Dans les 30 dernières années, le club a obtenu des succès innombrables. Tous ces succès et les stars qui ont joué ici font que tous les tifosi s'attendent au retour du club au sommet de l'Europe", a encore assuré Li Yonghong.

"Notre objectif pour le futur est que tous les tifosi, partout dans le monde, aiment toujours plus l'AC Milan", a-t-il ajouté, avant de conclure: "Forza Milan!".

"Personne en Chine ne sait qui sont ces gens"

Le meilleur symbole de l'incertitude engendrée par ce rachat est sans doute la récente déclaration de Marcello Lippi, actuel sélectionneur de l'équipe de Chine, à propos des acheteurs: "Personne en Chine ne sait qui sont ces gens", a lâché celui qui a mené l'Italie au titre mondial en 2006.

Le nouveau patron de l'AC Milan s'appelle Li Yonghong, chef de file du groupe acquéreur Rossoneri Sport Investment Lux, et de fait, on sait peu de choses de lui.

L'homme d'affaires serait né en 1969 dans la province du Guangdong (sud) et vivrait à Hong Kong depuis 1994, selon le portail chinois Netease.

Il n'a pas participé jeudi à la signature des documents officiels dans les bureaux d'un cabinet d'avocats milanais mais devait dîner avec Berlusconi dans la villa de l'ancien chef du gouvernement italien à Arcore, près de Milan.

"Je laisse aujourd'hui, après plus de 30 ans, le titre et la charge de président du Milan. Je le fais avec douleur et émotion, mais en étant conscient que le football moderne implique pour être compétitif au plus haut niveau européen et mondial des investissements et des ressources qu'une famille seule ne peut plus assumer", a réagi Berlusconi, qui avait pris les commandes du club lombard en 1986 et a assuré qu'il resterait "toujours le premier tifoso du Milan".

Fonds américain

Sauf incroyable rebondissement, Li Yonghong sera nommé président vendredi lors d'une assemblée générale des actionnaires. Et dès samedi, il sera plongé pour de bon dans la vie du club avec un derby face à l'Inter (propriété du groupe chinois Suning) à 12h30, un horaire choisi justement pour les téléspectateurs asiatiques.

L'opération conclue par Li Yonghong, tortueuse et pleine de retournements de situation et de retards, portait sur le rachat de 99,93% des parts du club.

Dans un communiqué commun, la holding de Berlusconi Fininvest et Rossoneri Sport Investment Lux ont confirmé le montant de l'achat: "740 millions d'euros, y compris l'endettement du club, soit 220 millions d'euros au 30 juin 2016".

Les deux entités ont précisé que 90 millions d'euros supplémentaires avaient été payés pour couvrir les frais de fonctionnement du club depuis juillet 2016.

Après le versement de plusieurs acomptes, la dernière tranche du paiement est arrivée jeudi sur les comptes de Fininvest, permettant la signature de la vente.

Mais le projet a considérablement évolué depuis ses débuts, le groupe d'investisseurs chinois se réduisant au fur et à mesure face aux difficultés à réunir les fonds et à les faire sortir de Chine, où la législation dans ce domaine s'est récemment durcie.

Pour faire aboutir le projet, Li a dû baser sa société au Luxembourg et a surtout dû obtenir le soutien du fonds d'investissement américain Elliott. Celui-ci lui a accordé un prêt de plus de 300 millions d'euros à des taux d'intérêt importants (jusqu'à 11% pour certaines tranches selon les médias italiens) à rembourser dans les 18 mois.

Pas de folies

Les difficultés rencontrées par les acquéreurs pour récolter la mise de départ et l'existence de ce prêt ont considérablement refroidi l'enthousiasme des tifosi milanais, qui voyaient déjà dans l'arrivée des Chinois la promesse de recrutements clinquants, à même de relancer un club qui vit des heures difficiles.

Actuellement 6e de Serie A, le Milan a fini 8e, 10e et 7e des trois derniers championnats. Malgré la promesse de Li Yonghong de verser 350 millions d'euros en trois ans pour relancer le club, celui-ci n'est pas très attractif actuellement et doit d'abord retrouver l'équilibre financier et les coupes européennes avant de se lancer dans des folies au mercato.

La tâche est donc immense pour le nouveau président et ses hommes, notamment le probable futur administrateur délégué Marco Fassone, ancien cadre dirigeant de la Juventus Turin, de Naples et de l'Inter.

Avec Berlusconi, l'AC Milan a accumulé les Ballons d'Or (Gullit, Van Basten, Shevchenko, Kaka) et a été huit fois champion d'Italie et cinq fois vainqueur de la Ligue des Champions, dont il est le dernier double vainqueur (1989 et 1990).

Le futur du club est incertain, son présent est terne et il sera difficile de rivaliser avec le passé.

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