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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

08/10/14 à 11:32 - Mise à jour à 11:32

Quand l'Europe règle ses comptes à Apple avec la bénédiction des Etats-Unis

A chaque fois qu'Apple lance un produit, c'est le buzz planétaire. Il faut dire que l'entreprise américaine est passée maître dans la mise en scène de ce genre de publicité gratuite. On l'a encore vu avec l'iPhone 6.

Quand l'Europe règle ses comptes à Apple avec la bénédiction des Etats-Unis

L'Apple campus de Cork. © Belga

En revanche, sauf si vous êtes lecteur habituel des journaux économiques, il y a eu fort peu de ramdams médiatiques autour du fait que la commission européenne est en train de régler littéralement ses comptes avec Apple - et tout cela avec la bénédiction des Etats-Unis.

La commission européenne attaque en même temps l'Irlande pour aide gouvernementale déguisée. Pourquoi l'Irlande ? Parce que ce pays n'applique qu'un taux de 2% à l'impôt des sociétés sur son territoire, et c'est l'une des raisons pour laquelle Apple a établi son siège en Irlande. Aujourd'hui, l'entreprise américaine siphonne l'argent dans le reste de l'Europe, ou dans le reste du monde, mais grâce aux montages fiscaux mis en place via l'Irlande, Apple ne paie finalement que très peu d'impôts.

Aux Etats-Unis, c'est très mal vu par l'administration Obama qui ne comprend pas qu'une entreprise assise sur des dizaines de milliards de dollars en cash ne paie pas ou quasi pas d'impôts aux USA. Sans compter qu'en matière de création d'emplois, c'est pas terrible non plus !

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Quand l'Europe règle ses comptes à Apple avec la bénédiction des Etats-Unis

Et donc, la commission européenne joue aujourd'hui sur du velours, car elle a le soutien formel de l'administration américaine pour lutter contre ce que les observateurs appellent de l'évasion fiscale légalisée. L'Irlande, n'est pas le seul pays visé en Europe, d'autres comme le Luxembourg ou les Pays-Bas sont également dans le collimateur de la commission européenne, car ce sont aussi des pays qui ont réussi à attirer des multinationales du genre d'Apple, et cela, à coup d'arguments fiscaux.

On avait beau dire qu'il était difficile d'avoir une monnaie unique, si on n'avait pas aussi une fiscalité unique, ce message restait jusqu'à présent inaudible. Mais le fait que l'administration américaine rentre dans la danse, va sans doute accélérer les choses. Souvenez-vous, si aujourd'hui le secret bancaire suisse a explosé en plein vol, c'est parce que le fisc américain a appliqué un véritable chantage contre les banques suisses. Soit elles cédaient sur le secret bancaire, soit elles perdaient leur licence bancaire aux Etats-Unis. La suite est connue, elles ont préféré perdre des clients que leurs licences. Reste à voir si l'histoire va se répéter avec Apple et les autres multinationales concernées.

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