Lire la chronique d'Amid Faljaoui
Lire la chronique d'Amid Faljaoui
Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

22/01/14 à 11:28 - Mise à jour à 11:28

Davos, Snowden et le cybergeddon

Le Forum de Davos, le rendez-vous annuel des puissants de ce monde, ouvre ses portes ce mercredi. L'occasion idéale pour vous parler d'un risque global assez méconnu qui guette notre société toujours plus connectée: le cybergeddon.

Mardi, je vous avais dit que l'un des risques globaux identifiés par ce Forum, mais également par l'ONG Oxfam, c'est la montée des inégalités. Cependant parmi les autres risques globaux, il y a également ce que certains spécialistes appellent le cybergeddon en référence bien entendu à Armageddon.

Croisons les doigts, jusqu'ici Internet n'a pas vraiment connu une attaque majeure. Bien entendu, depuis quelques années, et surtout depuis quelques mois, on parle dans les médias de telle ou telle cyberattaque ou de tel ou tel pirate. Mais grosso modo, Internet en tant que réseau n'a pas encore connu de "panne" majeure. C'est là que vient le danger d'un cybergeddon. En effet, la numérisation croissante de nos sociétés fait monter en puissance ce qu'on appelle l'internet des objets. Autrement dit, le fait que tous les objets qui nous entourent, frigos, téléviseurs, voitures, montres, maisons, ordinateurs portables et fixes, etc., sont de plus en plus connectés entre eux via le Web.

Et donc, oui, les experts du Forum de Davos rappellent que tout ce qui est connecté à Internet peut être piraté. Or, demain tout sera connecté. Et plus de terminaux et d'objets connectés, cela veut dire plus de portes d'entrée pour les pirates et dont plus de dégâts potentiels.

Et puis, comme le rappellent Les Echos, il y a aussi les séquelles de l'affaire Snowden. Celle-ci a fait perdre la confiance des utilisateurs dans Internet. La peur de l'espionnage, une peur qui est aussi bien partagée par des particuliers que par des entreprises ou des États, pourrait aboutir à une "fragmentation" d'Internet ! Autrement dit, chaque pays opterait peu à peu pour des technologies ou des lois qui lui seraient propres. Et ça, ce serait négatif à terme, car cela reviendrait à recréer des frontières dans un univers qui justement se caractérisait par une absence de frontière.

Le rapport d'expert remis au Forum de Davos parle même d'un danger extrême, celui du cybergeddon, qui aboutirait à une perte totale de confiance dans Internet et qui pourrait se transformer en une sorte de zone de non-droit, exactement comme la Somalie. Avec la montée des inégalités et la paupérisation croissante des plus jeunes, c'est là le 3e plus grand danger immédiat de notre époque. Mais espérons comme l'écrivait Paul Claudel, en sous-titre de son livre le "soulier de satin", que "le pire n'est pas toujours certain".

Nos partenaires