L'enseignement joue un rôle crucial, en tant que fournisseur de talents aux entreprises. Mais l'évolution rapide des nouvelles technologies et des méthodes de travail nécessite bien plus que des connaissances scolaires. C'est la raison pour laquelle la " Fondation pour l'enseignement " a vu le jour en 2013, à l'initiative de plusieurs chefs d'entreprise. Ceux-ci ont réuni, d'une part, les pouvoirs organisateurs de l'enseignement en Communauté française et, d'autre part, les employeurs de l'Union Wallonne des Entreprises et de BECI.

Comment préparer les jeunes aux métiers de demain?

" Cette collaboration poursuit plusieurs objectifs. Elle entend notamment redorer le blason de l'enseignement technique et professionnel et promouvoir l'importance des STEM dans l'enseignement général et qualifiant auprès des parents et des élèves, " explique Olivier Remels, secrétaire général. " Nous voulons, en outre, que les élèves apprennent à apprendre et que la dynamique de l'entrepreneuriat trouve sa place dans l'éducation. Les initiateurs du projet trouvaient on ne peut plus logique que le monde des entreprises prenne donc aussi ses responsabilités. "

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" On a fait pas mal de progrès "

En cinq ans, la fondation a déjà mis plusieurs projets sur pied. " Il fallait restaurer la confiance entre le monde des entreprises et l'enseignement. C'est pourquoi nous organisons notamment des stages d'immersion pour les enseignants dans les entreprises, pour recréer davantage de liens, " poursuit Olivier Remels. " Nous accompagnons les réformes avec des actions concrètes, qui visent à ouvrir les jeunes aux métiers et technologies du futur pour les aider à s'orienter, et une meilleure adéquation entre les contenus enseignés dans le qualifiant et les métiers. Nous avons aussi fait pas mal de progrès dans le domaine de l'alternance école-entreprise, où une plus grande uniformisation existe avec le contrat commun, tous secteurs confondus. Nous encourageons les transferts de compétences à tous niveaux entre entreprises et écoles."

Le secrétaire général constate une nette évolution au niveau de l'enseignement francophone : " Nous savons que la qualité et l'équité doivent s'améliorer. Nous ne sommes pas bien classés à l'échelle européenne. Mais la mentalité a changé : les pouvoirs organisateurs, les directions et les enseignants s'ouvrent davantage aux entreprises au sens large. Ils interagissent beaucoup plus avec les partenaires de la société. La réforme en cours est d'ailleurs portée par les acteurs de l'école, pas par le politique. Et les progrès sont visibles. Le calendrier est respecté jusqu'ici. Certes cela prendra encore du temps, mais c'est le prix à payer d'une réforme en profondeur. "

Olivier Remels © PG

Un projet de vaste réforme de l'enseignement est en effet sur la table. Ce Pacte accorde notamment une place prépondérante à l'alternance école-entreprise, mais pas uniquement. " Ce n'est pas non plus une recette miracle, mais plutôt un mécanisme à activer au bon moment, parfois pour tout le parcours, parfois pour finaliser celui-ci selon les métiers ". La fondation réfléchit également à la manière de renforcer la collaboration entre l'enseignement, les formations professionnelles et les entreprises pour préparer les jeunes aux métiers de demain. Il s'agit d'un véritable défi. " Nous saluons la réforme de la gouvernance scolaire en cours qui instaure une forme de pilotage par objectifs adapté au contexte de l'école, basé sur un diagnostic partagé par tous les acteurs (pouvoirs organisateurs, directions, enseignants, parents, élèves), des actions concertées et l'engagement commun d'agir pour atteindre les résultats visés, ..."

Il faut continuer à investir

Le message est clair : il faut continuer à investir dans l'enseignement. Olivier Remels : " L'école est la première clé du succès socio-économique. Nous avons encore du chemin à faire. Vu la complexité du paysage éducatif, il faut du temps pour intégrer toutes les innovations à tous les niveaux. Il faut par exemple aussi investir dans la numérisation, tant comme support technico-pédagogique que pour gérer le système éducatif, afin que celui-ci évolue avec son temps. Il faudra aussi réorganiser l'allocation d'une partie des budgets, pour investir dans les bonnes priorités, car les moyens ne sont pas exensibles."

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