Lorsqu'on l'interroge sur la situation du dossier des pensions, le professeur Marc De Vos se montre critique à l'égard des politiques. " Nous avons perdu beaucoup de temps. Il y a eu une sorte de 'négationnisme des pensions', car nous savions depuis pas mal de temps déjà qu'une importante génération du baby-boom, née entre 1945 et 1965, allait arriver à la pension. Et nous savions aussi qu'une réforme était nécessaire, mais nous ne sommes pas intervenus. "

" Petit à petit, des mesures sont certes prises désormais pour réformer la pension légale. Or les réformes que l'on veut aujourd'hui appliquer n'auront en fait que peu d'impact sur les pensions de cette génération du baby-boom. La seule chose que nous puissions encore faire consiste à demander aux derniers baby-boomers, les quinquagénaires actuels donc, de travailler un peu plus longtemps. "

Le système des pensions doit être réformé de telle manière à s'adapter automatiquement aux facteurs de risque.

'Eviter l'immobilisme'

La question est alors évidemment de savoir quelles mesures seront nécessaires pour assurer le financement à long terme du système des pensions. Marc De Vos : " A l'avenir, nous devrons éviter l'immobilisme tel qu'on le connaît actuellement. Le système des pensions doit être réformé de telle manière à s'adapter automatiquement aux facteurs de risque. Nous sommes en effet confrontés à des générations qui varient en taille et nous devrons donc limiter le risque de voir une génération payer pour la pension de l'autre. De même, l'économie représente un risque : si la croissance est moindre, il y a moins de marge de manoeuvre au niveau des pensions. Ce sont tous ces éléments qui doivent être pris en compte dans le système. "

Marc De Vos

Le professeur De Vos estime aussi qu'une solution peut consister dans un système de pensions à points. " Un régime de pensions associé à un système de points permettrait de partager plus équitablement les risques entre les différentes générations. Par ailleurs, la pension doit mieux correspondre aux années de travail. Près d'un tiers des périodes pour lesquelles la pension est aujourd'hui payée sont des périodes dites 'assimilées'. Donc des périodes pendant lesquelles la personne n'a pas travaillé, mais pour lesquelles ses droits à la pension sont reconnus. "

Compléter sa pension

Pour solutionner définitivement la problématique des pensions, le professeur De Vos estime également qu'il faut prévoir un revenu complémentaire au-delà de la pension légale. " C'est très important, tout d'abord pour maintenir le standard de vie du pensionné à un niveau élevé. La pension légale n'atteindra jamais pour chacun d'entre nous le niveau du dernier revenu en tant qu'actif. C'est intenable ! "

La pension légale est une promesse faite sur le compte de la génération suivante.

" Et ensuite, cela aide à répartir les risques et évite que les dernières générations doivent toujours supporter le poids total. La pension légale est une promesse faite sur le compte de la génération suivante, alors que la pension complémentaire est une épargne faite sur le compte de la génération actuelle. La combinaison des deux assure un système de pensions plus stable et plus robuste. "

Le message est clair : économiser pour un revenu complémentaire à côté de la pension légale est plus que jamais conseillé. " Et nous constatons que les Belges s'y intéressent finalement ", remarque Marc De Vos. " Le fait que nous conservons pas mal d'immobilier est d'ailleurs aussi un financement pour les vieux jours. Mais le plus important est qu'un pilier de pension complémentaire permet de mettre collectivement de l'argent de côté. Si nous parvenons à maintenir ce système durant plusieurs décennies, nous créerons alors un effet de levier pour améliorer la pertinence de notre système de pensions. "

S'intéresser davantage à la gestion de la pension

Par ailleurs, les experts plaident également pour un meilleur suivi de la gestion de l'indemnité de pension à partir du moment de la pension. Au terme de la période de constitution de la pension, une gestion active après la pension peut en effet garantir une plus grande sécurité. Différents produits existent sur le marché pour s'assurer un capital-pension complémentaire à vie. Celles-ci peuvent aussi constituer une partie de la solution finale.

Regardez le reportage de CanalZ:

Lorsqu'on l'interroge sur la situation du dossier des pensions, le professeur Marc De Vos se montre critique à l'égard des politiques. " Nous avons perdu beaucoup de temps. Il y a eu une sorte de 'négationnisme des pensions', car nous savions depuis pas mal de temps déjà qu'une importante génération du baby-boom, née entre 1945 et 1965, allait arriver à la pension. Et nous savions aussi qu'une réforme était nécessaire, mais nous ne sommes pas intervenus. "" Petit à petit, des mesures sont certes prises désormais pour réformer la pension légale. Or les réformes que l'on veut aujourd'hui appliquer n'auront en fait que peu d'impact sur les pensions de cette génération du baby-boom. La seule chose que nous puissions encore faire consiste à demander aux derniers baby-boomers, les quinquagénaires actuels donc, de travailler un peu plus longtemps. "'Eviter l'immobilisme'La question est alors évidemment de savoir quelles mesures seront nécessaires pour assurer le financement à long terme du système des pensions. Marc De Vos : " A l'avenir, nous devrons éviter l'immobilisme tel qu'on le connaît actuellement. Le système des pensions doit être réformé de telle manière à s'adapter automatiquement aux facteurs de risque. Nous sommes en effet confrontés à des générations qui varient en taille et nous devrons donc limiter le risque de voir une génération payer pour la pension de l'autre. De même, l'économie représente un risque : si la croissance est moindre, il y a moins de marge de manoeuvre au niveau des pensions. Ce sont tous ces éléments qui doivent être pris en compte dans le système. "Le professeur De Vos estime aussi qu'une solution peut consister dans un système de pensions à points. " Un régime de pensions associé à un système de points permettrait de partager plus équitablement les risques entre les différentes générations. Par ailleurs, la pension doit mieux correspondre aux années de travail. Près d'un tiers des périodes pour lesquelles la pension est aujourd'hui payée sont des périodes dites 'assimilées'. Donc des périodes pendant lesquelles la personne n'a pas travaillé, mais pour lesquelles ses droits à la pension sont reconnus. " Compléter sa pensionPour solutionner définitivement la problématique des pensions, le professeur De Vos estime également qu'il faut prévoir un revenu complémentaire au-delà de la pension légale. " C'est très important, tout d'abord pour maintenir le standard de vie du pensionné à un niveau élevé. La pension légale n'atteindra jamais pour chacun d'entre nous le niveau du dernier revenu en tant qu'actif. C'est intenable ! "" Et ensuite, cela aide à répartir les risques et évite que les dernières générations doivent toujours supporter le poids total. La pension légale est une promesse faite sur le compte de la génération suivante, alors que la pension complémentaire est une épargne faite sur le compte de la génération actuelle. La combinaison des deux assure un système de pensions plus stable et plus robuste. "Le message est clair : économiser pour un revenu complémentaire à côté de la pension légale est plus que jamais conseillé. " Et nous constatons que les Belges s'y intéressent finalement ", remarque Marc De Vos. " Le fait que nous conservons pas mal d'immobilier est d'ailleurs aussi un financement pour les vieux jours. Mais le plus important est qu'un pilier de pension complémentaire permet de mettre collectivement de l'argent de côté. Si nous parvenons à maintenir ce système durant plusieurs décennies, nous créerons alors un effet de levier pour améliorer la pertinence de notre système de pensions. "S'intéresser davantage à la gestion de la pensionPar ailleurs, les experts plaident également pour un meilleur suivi de la gestion de l'indemnité de pension à partir du moment de la pension. Au terme de la période de constitution de la pension, une gestion active après la pension peut en effet garantir une plus grande sécurité. Différents produits existent sur le marché pour s'assurer un capital-pension complémentaire à vie. Celles-ci peuvent aussi constituer une partie de la solution finale.Regardez le reportage de CanalZ: