Tout sur Vivaldi

Le coefficient de correction, qui réduisait le montant de la pension des indépendants par rapport à celui des salariés, sera supprimé dès 2021, annonce vendredi le ministre des Indépendants David Clarinval (MR) dans un communiqué. Cette suppression était prévue dans l'accord de gouvernement de la Vivaldi.

Avec l'introduction de la taxe sur les comptes-titres, le ministre des Finances Vincent Van Petegham (CD&V) fait du forcing. Cette nouvelle taxe arrive plus tôt que prévu pour étouffer dans l'oeuf les discussions fastidieuses sur l'impôt sur la fortune au sein du gouvernement Vivaldi. Le fait que l'argent récolté sera utilisé pour le financement des soins de santé n'est qu'un coup de communication.

Il y une mauvaise blague qui circule à l'égard du MR et qui dit en substance que s'il faut 11 personnes pour encadrer les éventuels dérapages de son jeune président, c'est un mauvais signal qu'envoie ce parti libéral qui n'a eu de cesse de dire qu'il y a trop de fonctionnaires!

Le titre peut faire sourire ou provoquer, lorsqu'on sait que la coalition dite "Vivaldi" qui soutient le nouveau gouvernement fédéral est composée notamment d'un parti, le Mouvement Réformateur, qui est l'héritier du parti libéral, et un autre, l'Open VLD, dont le sigle se réfère ouvertement à la doctrine libérale.

"Nous avons non seulement besoin d'un plan de relance mais aussi d'un plan de confiance dans notre pays." Le Premier ministre Alexander De Croo a cerné sa mission fondamentale, existentielle même : faire en sorte que le gouvernement qu'il préside ne soit pas le dernier du pays, que les partis nationalistes ne deviennent pas majoritaires en Flandre au prochain scrutin, comme semblent l'indiquer les sondages les plus récents.

Les sept partis de la coalition se sont accordés mais ils sont encore loin de jouer à l'unisson. Les zones d'ombre et marges d'interprétation foisonnent dans l'accord de gouvernement. Et cela n'a en fait rien d'exceptionnel ni de malsain pour le fonctionnement politique.

Taxe sur le patrimoine, levée du secret bancaire, etc. : plusieurs surprises fiscales contenues dans l'accord de gouvernement de la Vivaldi risquent de faire couler beaucoup d'encre.

L'accord gouvernemental introduit l'idée d'une taxation sur les grosses fortunes. Elle devrait rapporter jusqu'à 300 millions sur une année. Ses contours sont encore flous. Elle divise déjà au sein de la coalition.

Chacun devrait trouver son bonheur parmi les mesures reprises dans le préaccord Vivaldi. Pension minimale et refinancement des soins de santé pour les socialistes, pas de nouvelle taxe pour les libéraux et une sortie du nucléaire pour les verts. Mais qui paiera la note finale? Miser sur une croissance économique suffisante pour limiter l'impact sur les finances publiques reste dans tous les cas un espoir vain.