Tout sur Uber

La société de réservation de voitures avec chauffeur Uber peut continuer à exercer à Londres pour 18 mois, a tranché lundi la justice britannique qui examinait son appel contre la décision de la capitale britannique de suspendre son permis. Un juge du tribunal londonien de Westminster Magistrates a estimé qu'Uber était désormais apte pour y exercer, "malgré des défauts par le passé".

Les investisseurs d'Uber ne sont pas rassurés par l'ambition de la société américaine de gagner la course au développement de la première voiture autonome. Les deux principaux actionnaires de la compagnie de taxi et de la société de livraison de repas ont ainsi personnellement encouragé son patron Dara Khosrowshahi à trouver d'autres bailleurs de fonds.

Confronté à la forte réduction de son activité de transport (- 80% ces dernières semaines), Uber a décidé de consolider sa division Eats.

Disney, Uber, Microsoft, Airbnb, Burger King, CNN, etc. Tous ces géants partagent un point commun : ils sont nés en période de troubles économiques. Alors que s'annonce une crise sans précédent, les plus optimistes voient dans les jours sombres qui se profilent de belles opportunités de lancer leur boîte. Pourquoi ?

"L'économie du partage", incarnée par des sociétés comme Uber et Airbnb, connaissait une croissance exponentielle et devait, selon les projections, transformer des secteurs économiques entiers. Puis le coronavirus a frappé.

Uber offre 10.000 trajets pour le personnel soignant qui prodigue des soins essentiels durant la pandémie de Covid-19, a annoncé lundi le service de transport de particuliers. Ces courses seront disponibles à partir de lundi pour les employés du secteur des soins de santé, celui des soins aux personnes âgées, ainsi que pour les travailleurs des banques alimentaires et du Centre de prévention des violences conjugales et familiales (CPVCF).

Uber s'attend à devoir comptabiliser une charge de dépréciation comprise entre 1,9 milliard et 2,2 milliards de dollars dans ses résultats du premier trimestre en raison de la crise du coronavirus. La plateforme de réservation de voitures avec chauffeur a également retiré ses prévisions pour l'année 2020.

Au 18e siècle, les investisseurs se disaient qu'un Nouveau Monde ne pouvait que rapporter de fabuleux profits. Leurs successeurs risquent de se rendre compte que ce n'est pas toujours le cas.

La plateforme de réservation de voitures Uber contribue à augmenter la pollution au CO2 et au diesel dans des villes européennes comme Paris ou Londres, alerte jeudi une coalition d'ONG qui demande à l'entreprise d'aider ses chauffeurs à se doter de véhicules moins polluants.

Le géant japonais de l'investissement dans les technologies SoftBank Group a annoncé mercredi une chute de 50% sur un an de son bénéfice net semestriel, à cause de dépréciations liées à ses investissements dans les entreprises américaines de bureaux partagés WeWork et de voitures avec chauffeur Uber. Il a ainsi subi une perte qui se compte en milliards.

"Ce qui a perdu Napoléon, c'est l'ambition. S'il était resté simple officier d'artillerie, il serait encore sur le trône." Cette épigramme signée Henri Monnier qui souligne tout le paradoxe de l'ambition nous est venue à l'esprit à propos de Travis Kalanick : ce qui l'a perdu, c'est son cynisme, sinon il serait resté à la tête d'Uber. Mais en fait, sans ce cynisme, Uber n'aurait jamais été ce qu'il est aujourd'hui. Son mot d'ordre pourrait être : ne pas faire ce qu'on dit et ne pas dire ce que l'on fait.

L'Etat américain où sont nées la pluparts des plateformes "collaboratives" comme Uber ou Lyft s'apprête à faire entrer en vigueur une loi clarifiant les statuts d'employé et d'indépendant. Beaucoup y voient déjà la fin du modèle Uber. On en est pourtant encore loin (pour le moment).

La société californienne perd de l'argent. Beaucoup d'argent. Au second trimestre de cette année, Uber enregistre une perte de 5,2 milliards de dollars. Alors que celle-ci s'élevait à 1,8 milliard pour l'ensemble de l'année 2018, cette chute vertigineuse était attendue suite à l'introduction en Bourse en mai dernier, qui a entraîné une rémunération des salariés de 3,9 milliards. L'entreprise fera-t-elle un jour des profits ?