Tout sur taxation

Le Premier ministre Charles Michel (MR) affiche, dans une interview à La Libre Belgique et à la Dernière Heure, la volonté du gouvernement de "travailler dans les mois qui viennent à une réforme fiscale plus substantielle". Dans ce contexte, il promet une taxation plus importante du capital, l'une des revendications des syndicats.

Le ministre des Finances, Johan Van Overtveldt, a voulu apaiser vendredi les craintes exprimées à propos de la taxation des intercommunales qu'a décidée le gouvernement. Toutes les intercommunales ne seront pas soumises à l'impôt des sociétés mais seulement celles qui exploitent une entreprise ou exercent une activité lucrative.

D'après l'opinion commune, les plus-values sur actions et sur les autres instruments financiers échapperaient à toute taxation pour les individus résidant en Belgique. La réalité est toutefois différente, même s'il est exact que beaucoup de plus-values sont toujours exonérées.

Le gouvernement Michel peine à se dépêtrer du dossier sulfureux de la taxation des revenus du capital. Il confirme un "tax shift" pour les prochaines années. Mais sans jamais oser prononcer le nom des nouveaux impôts qui compenseront en partie la baisse du coût du travail.

En disant qu'il était prêt à discuter de la taxation des plus-values, le ministre de l'Economie Kris Peeters a ouvert la boîte de Pandore. Et Pandore, comme Jupiter, rend fous ceux qu'elle veut perdre.

Le Syndicat des Indépendants et des PME (SDI) "emboîte le pas de certains commentateurs politiques et de la volonté ambiante de mettre davantage à contribution les revenus du capital via notamment une taxation des plus-values boursières", a-t-il fait savoir mercredi.

En économie, ce qui compte parfois, ce n'est pas ce dont on parle, mais ce dont on ne parle pas. Les Américains ont une superbe expression pour désigner ces événements invisibles ou inaudibles pour les humains, mais qui pourtant sont très importants, c'est : " listen at the dog that doesn't bark ". Autrement dit, faites attention au chien qui n'aboie pas

Comme c'est quasiment le cas à chaque formation de gouvernement, voilà que la question de l'exonération des plus-values sur actions revient sur le tapis.

La Belgique est le pays européen qui taxe le plus le travail, avec un taux moyen de 42,8% en 2012, écrit Le Soir mercredi sur base de données qui doivent être diffusées dans deux semaines par l'Institut européen des statistiques Eurostat. La Belgique est le deuxième pays européen au classement de la pression fiscale avec 45,4%, juste derrière le Danemark (48,1%).

En tête des ventes sur le site américain d'Amazon, parmi les meilleures ventes dans la liste du New York Times, un mois après sa sortie, l'ouvrage Capital in the Twenty First Century (Le Capital au XXIe siècle) et son auteur l'économiste français Thomas Piketty, sont devenus en un mois seulement de véritables stars outre Atlantique.

Suite à l'affaire Arnault, qui fait apparaître la Belgique comme un petit paradis fiscal et la nécessité de nouveaux efforts budgétaires, les socialistes francophones profiteraient de la discussion du budget 2013 pour remettre sur la table plusieurs propositions de taxation du grand patrimoine, rapporte mercredi La Libre.